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Les mystères de l'assaillant des Champs-Elysées

Une voiture a foncé sur une camionnette de la gendarmerie sur les Champs-Élysées, à Paris, le 19 juin 2017

Une voiture a foncé sur une camionnette de la gendarmerie sur les Champs-Élysées, à Paris, le 19 juin 2017 - BFMTV

Alors que le procureur de Paris a donné ce jeudi de nouveaux éléments concernant l'enquête sur l'attentat contre un fourgon de gendarmerie sur les Champs-Élysées, des questions subsistent.

Des zones d'ombre demeurent. Alors que François Molins, le procureur de Paris, a donné une conférence de presse ce jeudi après-midi, détaillant l'arsenal et le parcours de l'assaillant des Champs-Elysées, plusieurs mystères n'ont pas encore été complètement résolus dans le cadre de l'enquête sur l'attentat contre un fourgon de gendarmerie lundi sur la célèbre avenue parisienne.

Le mystère de la fumée orange

Des images filmées par des témoins montrent le véhicule, une Renault Mégane, dégageant une épaisse fumée orangée. Si deux bouteilles de gaz de 13 kilos étaient bien à l'intérieur du véhicule, elles ont été retrouvées par les enquêteurs pleines et toujours dotées de leur opercule de sécurité. 

François Molins a indiqué qu'il ne savait toujours pas à quoi correspondait ce panache de fumée orange. "L'analyse est en cours pour tenter de déterminer l'origine de l'implosion du véhicule."

"Ce n'est pas une fumée normale", s'est étonné Jacques Poinas, ancien chef d'unité de coordination de lutte antiterroriste, sur notre antenne. "S'agit-il d'un mélange explosif qui n'aurait pas détonné mais aurait brûlé en provoquant une fumée d'une couleur particulière? C'est possible", a-t-il ajouté.

Pour un autre expert, cette couleur provient probablement d'un matériau en combustion qui a pris feu à l'intérieur de la voiture, dont une des vitres a partiellement fondu.

"Il y a forcément un combustible à l'intérieur qui a brûlé. La couleur de la fumée dépend de la matière. En tout cas, si c'était le radiateur, elle serait blanche", a souligné un accidentologue pour L'Express

Le mode opératoire

Selon le procureur de Paris, l'assaillant "n'a sans nul doute pas atteint l'objectif envisagé". Selon François Molins, "ce passage à l'acte interroge par le mode opératoire employé". 

Comme l'ont découvert les enquêteurs, l'arsenal de l'assaillant était conséquent. Selon le magistrat, le stock d'armes retrouvé au domicile et dans la voiture de ce Français de 31 ans témoigne de la "préparation indiscutable d'une action violente". 

Dans la voiture les enquêteurs ont notamment retrouvé un pistolet et une carabine, 28 chargeurs, près de 9000 munitions de différents calibres ainsi qu'"une besace calcinée qui contenait de très nombreux projectiles ressemblant à des ogives". Plusieurs couteaux se trouvaient également dans le véhicule. Les perquisitions au domicile de l'auteur ont également permis de faire d'autres découvertes, notamment huit bidons vides de poudre de rechargement de munitions. Ainsi que deux fusils à pompe, un fusil à lunette, un pistolet et cinq cartouchières.

L'assaillant était adhérent d'un club de tir sportif depuis 2011 et bénéficiait depuis plusieurs mois d'un permis de détention pour trois armes. Dans une lettre adressée à ses proches et retrouvée par les enquêteurs, le suspect affirme avoir joué "double jeu" en constituant un arsenal dans le cadre de son activité de tir sportif en vue de commettre un attentat. Pourquoi dans ce cas avoir accumulé tant d'armes, s'être entraîné au tir pendant plusieurs années au risque de se faire repérer, pour finalement jeter sa voiture contre un fourgon de gendarmerie?

"Quel était donc le projet précis de l'auteur? s'est interrogé le procureur. Avait-il prédéterminé sa cible? Avait-il choisi le lieu? Comment avait-il conçu son dispositif qui, selon toute vraisemblance, avait pour objet de faire de son véhicule un engin explosif? A-t-il précipité son action et pour quelles raisons?" 

Autant de questions sur lesquelles devront se pencher les enquêteurs.

Céline Hussonnois-Alaya