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La famille de Mohamed Abrini l'appelle à se rendre

Recherché par la police fédérale belge, Mohamed Abrini était à Bruxelles le soir des attentats selon sa famille. Sans nouvelles de lui depuis, sa famille est persuadée de son innocence et l'appelle à contacter les autorités.

Après Salah Abdeslam, Mohamed Abrini est le deuxième homme le plus recherché d'Europe. Sa sœur, raconte au Parisien que sa famille est "pétrifiée de peur". Elle est persuadée qu'il n'a pas participé aux attentats. Le 11 novembre, il est en tout cas filmé près de Paris au volant de la Clio qui aurait servi à Abdeslam à convoyer les terroristes aux abords du Stade de France. Le 12 novembre il est de retour à Bruxelles, toujours en compagnie de Salah Abdelsam.

Mais le soir des attentats, sa famille assure qu'il était à Molenbeek. "Il était à la maison chez nous à Molenbeek, à 21 heures. Il venait de signer son bail pour louer un appartement avec sa propriétaire. Sa fiancée Nawal était avec lui", se souvient Ikram, sa sœur de 23 ans. Mais depuis cette soirée, "nous ne savons pas ce que Mohamed est devenu", assure-t-elle. 

Mohamed Abrini est depuis mardi sous le coup d'un mandat d'arrêt international et soupçonné d'avoir participé à la préparation des attentats. Sa famille se questionne. "C'est pas quelqu'un de dangereux, c'est pas un tueur... Peut-être qu'il s'est fait influencer", se demande sa fiancée interrogée par la chaîne américaine ABC. Ikram se pose les mêmes questions: "peut-être a-t-il eu peur? Peut-être a-t-il compris avoir été piégé?", se demande-t-elle, tout en restant persuadée que sa participation "à ce projet criminel" est "impossible". 

"On veut juste mettre cette histoire au clair"

Ikram décrit un frère "protecteur et aimant", un "bon fils pour ses parents" et sur le point de se marier. "Il avait eu quelques soucis avec la justice" mais avait "refait sa vie". Dans les colonnes du Parisien, elle lance un message à son frère. "Je lui conseille de se constituer prisonnier quelque part et de s'expliquer au plus vite", dit-elle. "Nous sommes tous inquiets pour lui. Pour ses parents, il doit rentrer". Sa mère lance le même appel, "je veux passer un message mon fils, qu'il se rend parce que je ne dors plus, je ne mange plus", explique-t-elle la gorge nouée sur ABC.

Sa fiancée lui adresse aussi un message direct et l'assure du soutien de sa famille. "Rends toi, n'oublie pas que tu as une mère, un père, une famille derrière toi. On te soutient comme toujours tu le sais, on te laissera pas tomber, on veut juste mettre cette histoire au clair".

"Pas d'affinités" avec les frères Abdeslam

Mohamed Abrini connaissait les frères Abdeslam et Abdelamid Abaaoud qui résidaient aussi à Molenbeek. Rien de surprenant pour sa soeur. "On habite à deux rues les uns des autres, se justifie-t-elle. C'est normal qu'il les connaisse, comme moi je connais leur sœur. (…) Il les côtoyait mais n'avait pas d'affinités particulières avec eux, ni d'activités communes".

Mohamed Abrini figure par ailleurs sur une liste de 85 personnes radicalisées transmises par les services de renseignement belges à la commune de Molenbeek. L'avis de recherche publié par la police fédérale belge le décrit comme "dangereux et probablement" armé. Les services de renseignement le soupçonnent également d'avoir effectué un voyage en Syrie.

C. B