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Françaises expulsées de Turquie: Tooba Gondal, recruteuse et "marieuse" de Daesh, rapatriée en France

Un homme regarde les patrouilles de véhicules militaires turques, au nord-est de la Syrie dans la province d'Hasakek, le 1er novembre 2019

Un homme regarde les patrouilles de véhicules militaires turques, au nord-est de la Syrie dans la province d'Hasakek, le 1er novembre 2019 - Delil Souleiman / AFP

Tooba Gondal, présentée comme l'une des recruteuses pour le compte de l'organisation jihadiste Daesh, fait partie des quatre Françaises qui vont être prochainement expulsées de Turquie vers la France.

Elle est présentée comme "la marieuse de l'Etat islamique", celle qui a, en faisant de la propagande en ligne, recruté des jeunes filles, les a fait venir sur la zone irako-syrienne pour qu'elles se marient avec des combattants. Tooba Gondal fait partie des quatre Françaises qui seront expulsées prochainement de Turquie vers la France. Sept enfants sont aussi concernés par cette expulsion, encadrée par le "protocole Cazeneuve".

Tooba Gondal est aujourd'hui âgée de 25 ans. Elle a rejoint les rangs de l'organisation terroriste Etat islamique en 2015, où elle a été mariée trois fois. Elle est connue comme "la marieuse de Daesh" pour avoir utilisé les réseaux sociaux pour recruter des jeunes filles en Europe. "C'est une personne qui est très connue des milieux jihadistes, c'était une recruteuse de l'Etat islamique (...) elle a fait beaucoup parler d'elle, elle a été très active sur les réseaux sociaux (...)", détaille Jean-Charles Brisard, président du Centre d'analyse du terrorisme.

Une résidente britannique de nationalité française

Surnommée Umm Muthanna al-Britaniyah, Tooba Gondal a été arrêtée par les forces kurdes, puis retenue avec ses enfants dans un camp gardé par les Kurdes dans le nord de la Syrie. Au moment de l'offensive turque, elle s'est enfuie, avant d'être reprise par les forces turques, qui ont annoncé son expulsion vers la France. Un cas particulier puisque si Tooba Gondal est de nationalité française, sa famille a quitté le territoire national lorsqu'elle était âgée de trois ans. Elle était depuis résidente britannique, avant de rejoindre la Syrie. Elle fait l'objet d'une interdiction de séjour sur le territoire britannique.

Tooba Gondal a donc très peu de liens avec la France. Son expulsion vers ce pays se justifie toutefois par sa nationalité. "Cela est logique", souffle un avocat qui défend des familles de jihadistes français. "Si elle n'a pas de double nationalité, il est normal qu'elle soit expulsée vers la France", abonde une source habituée à ce type de dossier. Si un mandat de recherche est émis à son encontre, Tooba Gondal sera placée en garde à vue à son arrivée en France en vue d'une possible mise en examen. Si elle fait l'objet d'un mandat d'arrêt international, elle sera alors immédiatement reçue par un juge avant d'être placée en détention.

"Le protocole Cazeneuve permet en lien avec les autorités turques d'avoir le rapatriement des Français ou des gens qui sont passés en France et qui vont commettre des actes de guerre contre notre pays depuis l'étranger (...) Ce protocole fonctionne bien et il permet d'appréhender des personnes que nous connaissons et de les mettre dès leur arrivée en France à la disposition de la justice (...)", a fait savoir Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, indiquant que "chaque semaine" des individus étaient rapatriés via ce protocole.
Justine Chevalier et Sarah-Lou Cohen