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Explosifs à Villejuif: les deux suspects mis en examen

François Molins, procureur de la République

François Molins, procureur de la République - BFMTV

Les deux suspects ont été présentés ce dimanche après-midi à un juge antiterroriste. Ils ont tous les deux été mis en examen notamment pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.

Un homme radicalisé de 37 ans et le propriétaire, âgé de 36 ans, de l'appartement où un atelier clandestin d'explosifs a été découvert mercredi à Villejuif (Val-de-Marne), ont été mis en examen ce dimanche, a annoncé le procureur de la République François Molins.

Une information judiciaire a été ouverte contre eux des chefs d'association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes, d'atteinte aux personnes et de fabrication d'engins explosifs, détention et transport de substances ou produits explosifs, le tout en relation avec une entreprise terroriste.

Pas de projet précis

Ces deux suspects, dont l'un fiché S et ayant entretenu des liens avec le jihadiste Rachid Kassim, voulaient confectionner un bombe dans le but de commettre un attentat, a déclaré dimanche le procureur de Paris François Molins. Ils ont par ailleurs "admis avoir voulu rejoindre Daesh".

"Leur projet était la confection d'une bombe pour commettre un attentat", a affirmé le magistrat après la confrontation des deux hommes, le propriétaire de l'appartement et l'une de ses connaissances, qui était fichée S. "Aucun projet n'était établi à ce stade même si l'un d'entre eux a admis qu'ils avaient pensé à s'attaquer à des militaires de l'opération Sentinelle", a poursuivi François Molins lors d'une conférence de presse.

La troisième personne qui était gardée à vue, un homme de 47 ans arrêté en compagnie du propriétaire de l'appartement, a été libéré dimanche matin, a précisé le parquet.

105 grammes de TATP découverts

Mercredi, 105 grammes de TATP avaient été découverts fortuitement dans un appartement de cette banlieue au sud de Paris. Le TATP est un explosif artisanal instable souvent utilisé par l'organisation jihadiste Daesh lors de ses attentats. Ce laboratoire clandestin avait été découvert après le signalement d'un artisan qui intervenait dans l'immeuble.

Dans le logement, les enquêteurs avaient notamment mis la main sur un litre d'acide sulfurique, un litre d'acide chlorhydrique, de l'eau oxygénée en bouteille ainsi que 8 litres d'acétone. "Les substances découvertes à cet endroit auraient pu permettre de réaliser entre 3 et 4 kilos de TATP", a annoncé François Molins.

Les enquêteurs ont par ailleurs appréhendés les éléments nécessaires à la préparation d'une chaîne pyrotechnique. En effet, ont également été découverts: un réveil bricolé avec des fils, des piles électriques, des seringues en plastique, des têtes d'allumettes et des ampoules de guirlandes de Noël.

Du matériel informatique

Des vidéos comportant des séquences mettant en scène des essais d'explosion sur la terrasse de l'appartement ont par ailleurs été retrouvées dans une clé usb. 

L'exploration de l'ordinateur découvert dans l'appartement a en outre permis de retrouver la trace de consultations Internet de type "chimie", "explosifs" ou encore "État islamique", et aussi de jeux vidéo de simulation de conduite, notamment de véhicules poids lourds, a révélé le magistrat. Dans le matériel informatique du deuxième homme interpellé se trouvaient notamment des vidéos de propagande de l'État islamique en nombre important. Les deux hommes "ont admis avoir voulu rejoindre l'EI en 2015", sans toutefois le faire par manque de "contacts" et de "moyens financiers", a déclaré François Molins.

Des contacts en Syrie?

Le propriétaire, inconnu des services, avait été arrêté quelques heures plus tard au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), non loin du laboratoire, dans un véhicule en compagnie de l'homme relâché dimanche matin, sans poursuites judiciaires.

Au cours de la nuit suivante, un homme de 37 ans "radicalisé et suivi par la DGSI" (Direction générale de la sécurité intérieure), avait été interpellé dans la commune voisine de Vitry-sur-Seine. Il pourrait être en contact avec des jihadistes en Syrie, selon des sources proches du dossier. Son lien avec l'atelier clandestin n'était pas établi au moment de son interpellation, mais son rapport avec le propriétaire de l'appartement a pu être démontré au cours de leur garde à vue.

D'autres produits chimiques retrouvés

Jeudi, lors d'une perquisition, les enquêteurs ont encore trouvé quelques litres de produits chimiques pouvant servir à fabriquer du TATP, dans un box loué à Thiais (Val-de-Marne) par le propriétaire du logement de Villejuif, selon une source proche du dossier.

Il y a "un certain nombre de liens et des communications téléphoniques" avec le théâtre syrien, avait affirmé jeudi le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb sur franceinfo. La France est frappée depuis 2015 par une vague d'attentats jihadistes ayant fait 239 morts.

Jé. M. avec AFP