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Blessés dans l'assaut de Saint-Denis, ils veulent être reconnus comme victimes

Trois hommes blessés lors de l'assaut du Raid sur la planque des terroristes à Saint-Denis le 18 novembre dernier portent plainte contre l'Etat. Ils veulent être reconnus comme des victimes et obtenir réparation.

Jamais ils n'oublieront la violence d'un tel assaut. En l'espace de quelques heures, les balles ont fusé de tous les côtés: 1.500 munitions ont au total été tirées. Nous sommes le 18 novembre à Saint-Denis, cinq jours après les attentats de Paris. Réveillé par ce déluge de feu, Mohamed, un sans-papier de 26 ans, est blessé par ces tirs de neutralisation. Son bras, maintenu en écharpe, en porte encore les séquelles. Il a été transpercé par une balle du Raid, les forces d'élite de la police.

"J’ai été touché vers 4h30 du matin mais la police ne m’a sorti que vers 10h30. Et pendant tout ce temps, j’étais étendu par terre", se souvient l'Egyptien.

Dans l'appartement jouxtant le sien se cachent trois terroristes, dont Abdelhamid Abaaoud, aussi nommé le fossoyeur de Daesh. Tous ont été tués lors de l'opération. Mohamed et plusieurs autres voisins sont quant à eux placés en garde à vue pendant plusieurs jours avant d'être relâchés.

Oubliés

Choqués par la scène à laquelle ils ont assisté, Mohamed et Nourredine, un Marocain de 31 ans, se sentent désormais oubliés par l'Etat.

"Le président, les ministres, ils ont parlé des victimes du 13 novembre, de tout le monde… Mais à aucun moment, ils ont parlé de nous. A aucun moment et ça, c’est choquant", estime Nourredine.

Depuis, les deux hommes ont obtenu un titre de séjour d'un an et sont logés en foyer. Mais d'autres sans-papiers de l'immeuble, situé en plein centre-ville de Saint-Denis, à l'angle des rues du Corbillon et de la République, n'ont toujours pas été régularisés.

"Ça fait maintenant plus de cinq mois que ça s’est passé et personne ne vient prendre de nos nouvelles", déplore Mohamed, un autre occupant de l'appartement.

Tous les trois ont donc décidé d’attaquer l’Etat pour faire reconnaître leur statut de victime et obtenir réparation.
P. P. avec Anne-Sophie Warmont