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Attentat déjoué: le suspect a eu un contact en Syrie, dévoile le procureur

Le procureur de Paris, François Molins.

Le procureur de Paris, François Molins. - Matthieu Alexandre - AFP

L'étudiant algérien de 24 ans, suspecté d'avoir tué une femme et de vouloir perpétrer une attaque terroriste en France, aurait, selon le procureur de Paris, évoqué avec une personne "pouvant se trouver en Syrie", les "modalités de commission d'un attentat". Des documents évoquant Al-Qaïda et l'Etat islamique ont été retrouvés chez-lui.

Ce sont des révélations sidérantes. L'Algérien de 24 ans soupçonné d'avoir tué une femme et projeté une attaque contre une église en banlieue parisienne, a évoqué avec une personne "pouvant se trouver en Syrie", les "modalités de commission d'un attentat", a dévoilé ce mercredi le procureur de Paris François Molins.

L'analyse du matériel informatique saisi a permis d'établir que le suspect, Sid Ahmed Ghlam, "était en contact avec une autre personne pouvant se trouver en Syrie avec laquelle il échangeait sur les modalités de commission d'un attentat, ce dernier lui demandant explicitement de cibler particulièrement une église", a expliqué le procureur.

Des documents évoquant "Al-Qaïda" et "l'Etat islamique"

Les perquisitions au domicile parisien de cet étudiant en électronique ont permis de retrouver, outre de l'armement et du matériel de vidéo, des "documents en langue arabe évoquant les organisations terroristes Al-Qaïda et Etat islamique", a poursuivi François Molins. 

Un arsenal impressionnant

Evoqué dans un premier temps par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, l'arsenal possédé par le suspect, à la fois dans son véhicule mais aussi à son domicile, est tout bonnement impressionnant.

Dans sa voiture, ont ainsi été retrouvés un fusil-d'assaut kalachnikov approvisionné accompagné de trois chargeurs complets, un pistolet de type Sig-Sauer - le même utilisé par la police - approvisionné, un Revolver Sphinx 9 mm chargé, un gilet pare-balles et un gilet tactiques, trois téléphones portables, un ordinateur portable, des clés USB et des documents manuscrits présentant des cibles potentielles.

Des déclarations "fantaisistes"

En garde à vue, Sid Ahmed Ghlam, qui, blessé à une cuisse, a appelé les secours dimanche avant d'être arrêté, a fait des déclarations "fantaisistes" avant de s'enfermer dans le mutisme, a détaillé le procureur.

Il a expliqué s'être blessé seul en voulant se débarrasser de ses armes dans la Seine. Sa garde à vue pourrait être porté à six jours, une durée dérogatoire prévue notamment en cas de risque d'action terroriste imminente.

Une personne ce interpellée mercredi à Saint-Dizier

Les premières analyses balistiques, génétiques et de géolocalisation téléphonique le mettent en cause pour le meurtre d'Aurélie Châtelain, tuée d'une balle et dont le corps a été retrouvé dimanche à Villejuif, en Seine-et-Marne, près de Paris.

Arrivé avec sa famille en 2001 à Saint-Dizier, il est retourné en Algérie en 2003 où il a passé son baccalauréat en 2010, a rapporté François Molins. Revenu en France, il a entamé des études d'électronique. 

Une personne de son entourage a été interpellée mercredi à Saint-Dizier et placée en garde à vue, a par ailleurs confirmé, sans plus de détail, François Molins. Selon une source proche de l'enquête, il s'agit d'une femme de 25 ans.

la rédaction avec AFP