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Attentat déjoué en France: un diplomate iranien détenu en Allemagne

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PHOTO D'ILLUSTRATION - MICHELE TANTUSSI / AFP

Un diplomate iranien arrêté en Allemagne est soupçonné d'avoir remis des explosifs à un couple, en vue de commettre un attentat lors du rassemblement d'un parti d'opposition au régime iranien, fin juin à Villepinte, près de Paris.

La justice allemande a annoncé mercredi avoir placé en détention provisoire un diplomate iranien interpellé en Allemagne et soupçonné d'être impliqué dans un projet d'attentat contre un rassemblement d'un groupe d'opposition iranienne en France, qui s'est tenu le 30 juin dernier à Villepinte, près de Paris.

En poste en Autriche, cet homme présenté par des opposants iraniens comme s'appelant Assadollah Assadi, 46 ans, fait partie des suspects arrêtés en Allemagne, Belgique et France fin juin, début juillet et soupçonnés d'avoir préparé l'attaque.

Renseignements et lutte contre l'opposition

Des personnalités politiques américaines de premier plan participaient à ce rassemblement, comme l'ancien maire de New York, aujourd'hui avocat personnel du président américain Donald Trump, Rudy Giuliani.

Le parquet fédéral allemand, compétent dans les affaires de terrorisme et d'espionnage, affirme qu'Assadollah Assadi a été placé en détention provisoire "il y a deux jours" pour "activités de renseignement" et "complot en vue de commettre un meurtre". Cette mesure "n'empêche pas" son extradition réclamée par la justice belge, précise le parquet dans son communiqué.

Il est soupçonné d'appartenir au ministère iranien du renseignement et de la sécurité, au sein duquel il serait chargé de "l'observation et de la lutte contre les groupes d'opposition à l'intérieur et à l'extérieur de l'Iran".

500 grammes d'explosif

Il aurait demandé en mars à un couple marié vivant en Belgique de mener "une attaque à l'explosif" sur le rassemblement annuel à Villepinte, au nord de Paris, des Moudjahidines du peuple (MEK), un parti d'opposition iranien fondé en 1965 et interdit par Téhéran depuis 1981.

Il est soupçonné d'avoir remis au couple des explosifs lors d'une réunion en juin à Luxembourg. Ils avaient été arrêté à Bruxelles le jour du rassemblement par les services de sécurité belges, qui les ont trouvés en possession de 500 grammes de TATP, un explosif artisanal très instable.

L'Iran a dénoncé une machination visant à discréditer le pays au moment où il fait face à des tensions diplomatiques majeures avec les Etats-Unis, après le retrait en mai de Washington de l'accord nucléaire par lequel Téhéran s'était engagé à mettre un terme à ses activités nucléaires en échange d'un allègement des sanctions.

L.D. avec AFP