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Attaque du Bataclan: l’incroyable conversation entre un policier et un militaire

Le patron du Syndicat des commissaires de police a rapporté mercredi à l'Assemblée nationale une conversation pendant l'attentat du 13 novembre au Bataclan, entre un policier et un militaire en patrouille. Le premier souhaitait intervenir, l'autre attendre les ordres de sa hiérarchie. Le représentant de la police y voit une illustration de l'urgence à clarifier les rôles.

La scène se déroule devant le Bataclan, attaqué par les terroristes le soir du 13 novembre à Paris. Des policiers de la BAC viennent d'arriver sur place. Des militaires de la force Sentinelle, le dispositif de patrouille mis en place après les attentats de Charlie Hebdo sont aussi à proximité de la salle de spectacle.

Devant la Commission d'enquête de lutte contre le terrorisme, Jean-Luc Taltavull, secrétaire général adjoint du Syndicat des commissaires de la police nationale, a rapporté mercredi une conversation surprenante repérée par LCP

"On a un collègue qui nous racontait l'anecdote d'un gradé de la BAC qui a dit à des militaires qui étaient là: 'Allez, on y va !' (...) Le détachement Sentinelle a dit 'Non j'ai pas d'ordre pour bouger', alors il lui a dit (le policier, Ndlr) 'Bah passe-moi ton Famas'".

Le militaire refuse de se séparer de son arme. Postés devant la sortie de secours du Bataclan, les policiers de la BAC vont essuyer des rafales de kalachnikov.

Définir les rôles pour intervenir

"Qu'est-ce qui est vraiment prévu ou pas pour les militaires? En termes d'intervention, comment est-ce qu'ils s'articulent?", s'interroge devant la Commission Jean-Luc Taltavull. Pour lui ,cette anecdote est le signe qu'il faut mieux définir les rôles en cas d'attaque. "Il y a une marge de manoeuvre pour l'avenir, de mieux identifier comment ça se passe concrètement", souligne-t-il. 

Depuis le mois de février, la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de Paris auditionne victimes, témoins ou forces de l'ordre pour tenter d'analyser et de comprendre les erreurs commises en amont des attaques, mais aussi lors de l'intervention. Elle doit rendre ses préconisations le 26 juillet prochain. 

C. B