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Attaque des Champs-Elysées: le point sur l'enquête

Des CRS lors de l'attentat des Champs-Elysée le 20 avril 2017.

Des CRS lors de l'attentat des Champs-Elysée le 20 avril 2017. - BENJAMIN CREMEL / AFP

L’identité de l’assaillant dévoilée, une revendication de Daesh douteuse, des blessés hors de danger... Point sur les dernières informations relatives à l’attentat des Champs-Elysées de jeudi soir.

Un assaillant récidiviste

Son identité est désormais connue. Karim Cheurfi, âgé de 39 ans et originaire de Livry-Gargan en Seine Saint-Denis, est l’assaillant qui a été abattu jeudi soir après avoir tué un policier et blessé deux autres. L’homme, qui n’est pas fiché S, était connu des services de renseignements, de police et de justice. Il a été condamné à quinze ans de réclusion criminelle en 2005 pour tentative d’homicide volontaire après avoir tiré sur un gardien de la paix alors qu’il était en garde à vue. Il a été, au total, condamné à quatre reprises pour des faits de droit commun, et a passé 14 années en prison. 

Selon le procureur Molins, l'homme n'a "pas présenté, tout au long de sa période d’incarcération, de signe de radicalisation ou de signe de prosélytisme". Il n'était pas fiché S.

  • Il a refait parlé de lui en début d'année. Deux témoins signalent aux autorités que Karim Cheurfi indique vouloir tuer des policiers et tente de se procurer des armes. En janvier, il achète sur Amazon des couteaux de chasse, une GoPro et un masque Scream. Une enquête est ouverte et il va alors être entendu en garde à vue mais aucun élément n'atteste d'un possible passage à l'acte. Il va également être convoqué à cette période par le juge d'application des peines après avoir dérogé à son contrôle judiciaire. Au mois de février dernier, il avait effectué un voyage en Algérie, pour se marier a-t-il expliqué. Le magistrat lui avait simplement rappelé ses obligations.

Trois membres de l’entourage de l’assaillant en garde à vue

Trois personnes de l’entourage de Karim Cheurfi ont été placées en garde à vue ce vendredi, et sont actuellement interrogées par les services antiterroristes. Elles se trouvaient dans les domiciles perquisitionnés par les enquêteurs dans la nuit de jeudi à vendredi. Il s’agit d’une procédure classique, qui, a ce stade de l’enquête, ne signifie pas que ces personnes sont suspectées.

D’après nos informations, un sac de sport contenant un fusil de chasse, des munitions, deux couteaux de cuisine, un sécateur et un Coran ont été retrouvés dans la voiture du terroriste, tout comme des notes manuscrites avec les adresses de la DGSI, du commissariat de Lagny, et de trois armureries. Au domicile de sa mère à Chelles en Seine-et-Marne ont été saisis un ordinateur, des téléphones, une crosse de fusil, un bout de canon scié, des tapis de prière, un Coran, et une demande de permis de chasse. 

Autre élément: à proximité du corps de l'assaillant, un morceau de papier avec une mention manuscrite défendant la thèse de Daesh a été retrouvé.

Une revendication aux contours flous

Daesh n’a pas tardé à revendiquer l’attaque. A peine deux heures après les faits, l’organisation islamiste reconnaissait son implication via son organe de propagande Amaq. Une publication hâtive, alors que Daesh se réserve généralement plusieurs heures voire plusieurs jours avant de publier une telle annonce. De plus, l’homme décrit dans le communiqué ne semble pas correspondre au profil de l’assaillant abattu par la police jeudi soir.

Alors que Karim Cheurfi est Français, Daesh revendique une attaque perpétrée par “Abu Yussef le Belge”. S’agit-il seulement d’un surnom donné à Karim Cheurfi, d’une erreur de l’organisation islamiste, ou encore d’un autre terroriste qui n’est pas passé à l’action? Des investigations sont en cours pour déterminer si le terroriste a agi seul ou avec des complices.

Un homme signalé par la Belgique s’est rendu

Cette confusion a rapidement fait réagir du côté belge. Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet, a annoncé ce vendredi que les autorités françaises enquêtaient sur un homme signalé par la Belgique, qui pourrait donc correspondre au profil annoncé par Daesh dans son communiqué, et s'avérer être un complice du tireur. L'homme recherché a fini par se présenter de lui-même dans un commissariat d'Anvers (Belgique).

Selon une source proche de l'enquête approchée par l’AFP, l'homme signalé est âgé de 35 ans et présenté comme "très dangereux". Un billet de Thalys en direction de la France daté au 20 avril 2017, des armes à feu et des cagoules ont été retrouvés par les autorités belges lors d’une perquisition. Aucun lien n’a pour le moment été établi entre lui et Karim Cheurfi.

Des blessés hors de danger

D’après le porte-parole du ministère de l'Intérieur, les deux policiers blessés dans l'attaque sur les Champs-Elysées sont désormais "hors de danger”. Le policier le plus grièvement blessé jeudi soir a été opéré avec succès pendant la nuit. Le deuxième policier a pour sa part quitté l’Hôpital européen Georges Pompidou. Ce dernier a été touché par une balle qui a ricoché sur son gilet, et il va désormais être pris en charge pour un suivi psychologique d’après nos informations. Une femme a également été blessée pendant l’attaque. De nationalité allemande, elle vit en France depuis plusieurs années, et va être opérée après avoir été touchée au pied.

Céline Penicaud avec le service Police Justice