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Soupçons d'un "cabinet noir": le parquet financier n'ouvrira pas d'enquête

François Fillon.

François Fillon. - Thomas Samson - AFP

Des élus Les Républicains avaient saisi il y a quelques jours le parquet national financier au sujet de soupçons d'un "cabinet noir" instrumentalisant la justice, après des allégations en ce sens de François Fillon et la parution du livre, Bienvenue Place Beauvau. Mais le parquet financier n'ouvrira pas d'enquête.

Le parquet national financier n'enquêtera pas sur les soupçons de "cabinet noir", dénoncés par le camp Fillon après la parution du livre "Bienvenue Place Beauvau", a-t-on appris ce jeudi de source proche du dossier. 

Les affirmations du livre "sont trop imprécises et manquent trop d'étai pour pouvoir justifier l'ouverture d'une enquête préliminaire", explique le procureur national financier, Éliane Houlette, dans un courrier révélé par L'Express et confirmé de source proche du dossier. Six responsables des Républicains, le parti du candidat de la droite à la présidentielle François Fillon, avaient saisi le procureur de Paris et le procureur national financier pour des "infractions" commises, selon eux, par l'exécutif et pointées du doigt dans cet ouvrage.

François Fillon avait dit s'être inspiré des "bonnes feuilles" du livre

Bruno Retailleau et Christian Jacob, chefs de file des sénateurs et députés LR, Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et Luc Chatel, porte-parole de François Fillon, dénonçaient des "infractions" (corruption, trafic d'influence, atteinte à la vie privée ou encore abus d'autorité) commises, selon eux, par l'exécutif et pointées du doigt dans le livre "Bienvenue Place Beauvau". Avec également Nathalie Kosciusko-Morizet et Philippe Bas, ils demandaient à la justice de donner "les suites" qu'ils jugeaient "utiles" à leurs allégations. 

François Fillon avait affirmé s'être inspiré des "bonnes feuilles" de "Bienvenue Place Beauvau" publiées dans la presse pour accuser François Hollande d'être à la tête d'un "cabinet noir" et d'organiser des fuites dans la presse sur ses affaires judiciaires. Le chef de l'Etat avait dénoncé des "allégations mensongères".

François Molins avait déjà répondu

François Molins a également répondu dans un courrier en date du 4 avril à ces responsables LR, soulignant que certains faits évoqués dans l'ouvrage faisaient déjà l'objet d'une information judiciaire, a-t-on appris d'une autre source proche du dossier. Ainsi, des juges d'instruction mènent notamment des investigations sur les méthodes des policiers de l'office antidrogue (Ocrtis) en marge de la saisie record de cannabis à Paris en octobre 2015, un épisode abordé dans le livre. 

Une autre information judiciaire a été ouverte le 3 avril par le parquet de Paris après la plainte déposée par Valérie Pécresse, dénonçant "une tentative de déstabilisation politique" de la part de l'exécutif et de son ancien adversaire PS Claude Bartolone, après la fuite dans la presse de l'arrestation de son fils en possession de cannabis. Les autres extraits signalés par les responsables LR au parquet de Paris "reposent sur des informations trop floues et trop imprécises pour permettre de diligenter une enquête pénale", relève François Molins, d'après la source proche du dossier.

R.V. avec AFP