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Selon le propriétaire de La Revue des deux mondes, l'emploi de Penelope Fillon "n'a rien de fictif"

Marc Ladreit de Lacharrière en juin 2016.

Marc Ladreit de Lacharrière en juin 2016. - Etienne Laurent - AFP

Alors que de nouvelles révélations publiées par Le Monde ce lundi font état de soupçons de lien entre sa décoration par François Fillon en 2010, et l'embauche de Penelope Fillon à La Revue des deux mondes, Marc Ladreit de Lacharrière se dit "très choqué".

Il réplique. Le patron de la Revue des deux mondes, Marc Ladreit de Lacharrière, a réaffirmé ce lundi auprès de l'AFP que l'emploi de Penelope Fillon dans cette publication entre mai 2012 et décembre 2013 "n'a rien de fictif".

"Je suis très choqué de lire que certains articles font un lien entre mon élévation au grade de grand'croix de la Légion d'honneur (1er janvier 2010) et l'emploi de Madame Penelope Fillon à la Revue des deux mondes (4 mai 2012)", déclare également l'homme d'affaires, en réaction à un article du Monde, selon lequel les enquêteurs s'intéressent à cette décoration.

"Je rappelle que seul le président de la République peut élever à cette distinction dont je m'honore", ajoute le PDG de la société Fimalac, dont la proximité avec François Fillon est connue.

Une embauche en contrepartie d'une décoration?

En plus du présumé "détournement de fonds publics", les enquêteurs soupçonnent François Fillon d'un possible trafic d'influence autour de l'attribution d'une décoration, rapporte Le Monde. Le 31 décembre 2010, François Fillon, alors Premier ministre, a en effet décoré Marc Ladreit de Lacharrière de la dignité de grand-croix dans l'ordre national de la Légion d'honneur.

L'année d'après, l'homme d'affaires, propriétaire de la Revue des deux mondes, a accepté d'embaucher Penelope Fillon de mai 2012 à décembre 2013 pour un salaire mensuel de 5.000 euros brut, et pour un travail dont l'existence et la véracité restent à prouver. Un curieux enchaînement des faits qui amène à se demander si l'embauche de l'épouse de François Fillon constituait une contrepartie à la décoration.

Comme le souligne Le Monde, le lien n'est pas sans rappeler celui qui unissait, en 2007, Eric Woerth au gestionnaire de fortune des Bettencourt, Patrice de Maistre. Le ministre du Budget de l'époque lui avait remis la Légion d'honneur qui était devenu l'employeur de sa femme. Eric Woerth, un temps soupçonné de trafic d'influence, a finalement été relaxé en 2015.

A.S. avec AFP