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Seine-Saint-Denis: polémique autour d'une vidéo montrant l’interpellation violente d’une femme enceinte par des agents SNCF

Mardi en fin d’après-midi, trois agents de la sécurité de la SNCF ont interpellé une femme qui tentait de prendre le train sans billet et sans masque, selon la compagnie. La scène, filmée par des usagers, fait polémique en raison de la virulence avec laquelle les agents sont intervenus sur cette femme se disant enceinte.

La polémique enfle autour de l’intervention de trois agents de la sécurité de la SNCF en gare d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Ces derniers sont accusés d’avoir effectué une interpellation violente, mardi vers 17h00, à l’encontre d’une femme se disant enceinte. Depuis, les images de la scène, filmée par des voyageurs, inondent les réseaux sociaux.

On y voit les trois agents de la Suge se diriger vers une femme se trouvant au niveau des portiques de la gare RER d’Aulnay-sous-Bois. "Ils ont tenté de l'interpeller. L'un d'entre eux a même pris la veste de cette dame et l'a jetée de l'autre côté des portiques", raconte un témoin au Parisien

La femme entendue par la police

Alors que la femme fait face aux agents, ils la saisissent par les bras, la projettent au sol et la plaquent sur le ventre. Deux des hommes lui enserrent les mains dans le dos, le troisième tente d’écarter la foule alarmée par les cris de la femme. Les usagers, qui entendent la femme et son mari supplier les agents de faire attention à son ventre, prennent part au conflit et les avertissent qu’elle attend un bébé. 

Dans un communiqué publié ce mercredi, la SNCF justifie l’opération de ses agents en précisant que "la personne mise en cause venait d’être verbalisée à trois reprises, notamment car elle ne portait pas de masque, qu’elle avait craché et qu’elle voulait prendre le train sans billet. Les agents l’ont ensuite invitée à quitter la gare. Devant son refus, et un comportement agressif, cette injonction de quitter la gare est devenue contraignante". 

Dans la foulée de son interpellation, cette dernière a été transportée à l’hôpital pour des examens médicaux, "les agents de la Suge ont immédiatement demandé au Samu de la prendre en charge, par mesure de précaution", indique la SNCF. Avec son mari, elle a ensuite été remise à des officiers de police et transférée au commissariat de la ville. Dans le cadre d’une enquête ouverte pour outrages et rébellion, elle a été entendue en audition libre, son époux a été placé en garde à vue, a appris BFMTV de source judiciaire. 

Les agents SNCF visés par une enquête

A la suite de cette interpellation controversée, la SNCF précise que deux des agents sont en incapacité temporaire de travail de 5 jours, un troisième est arrêté pour 7 jours.

De son côté, la femme violentée a déposé plainte pour "violences volontaires aggravées par personne dépositaire de l'autorité publique". Celle-ci est en cours d'examen par le parquet de Bobigny, avant une éventuelle ouverture d'enquête. Dans le hall de la gare, un kiosquier a fait part de son étonnement au Parisien: "Ces agents, je les connais, ce ne sont pas des violents, ils sont calmes. Il a dû se passer quelque chose avant pour que cela dégénère." Une enquête interne a été ouverte. 

Alexandra Gonzalez et Ambre Lepoivre