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Dijon: le père du Tchétchène dont l'agression a déclenché les violences appelle au calme

Le père du Tchétchène dont l'agression a suscité les violences à Dijon depuis vendredi dernier a accepté de recevoir BFMTV.

Armes exhibées en pleine rue, bagarres, rodéo urbain, vociférations... Depuis vendredi dernier, Dijon subit une consternante succession de violences opposant des habitants d'origine maghrébine du quartier des Grésilles à des personnes issues de l'immigration tchétchène. Cette flambée d'affrontements a pris racine, selon les protagonistes venus de l'Est du continent, dans l'agression d'un jeune Tchétchène. 

"Il faut arrêter tout ça"

Zelimkhan a 49 ans et vit à Dijon depuis 2014. Il est le père de ce jeune homme et a accepté de répondre aux questions de BFMTV. Il a assuré ne pas être lié à l'escalade qui a enflammé les rues de sa ville d'adoption, s'en désolidarisant même nettement:

"Vous savez très bien comment ça se passe avec les réseaux sociaux. C’est reparti très vite. Il faut arrêter tout ça. Il faut retrouver le calme pour notre ville. Je suis contre n'importe quelle violence. N'importe quelle violence. Je suis pour la justice."

Il a également soutenu qu'il ne s'agissait pas du paroxysme d'une confrontation raciale: "C’est pas une guerre contre les Arabes. On vit très bien avec eux. On a vécu jusqu’a maintenant sans aucun problème". 

La crainte de représailles

Au moment de qualifier les faits, Zelimkhan a affirmé: "Il n’y a pas d’histoire de drogue dans cette affaire. C’est une histoire de violence."

Le quadragénaire a alors retracé la matrice de cet épisode. Selon lui, le 10 juin dernier, un Albanais de 15 ans échange des regards noirs avec des personnes d'origine maghrébine à la terrasse d'un bar à chichas du centre-ville de Dijon. Toujours d'après le récit de notre interlocuteur, ces derniers ont alors frappé l'adolescent. Cherchant à intervenir, le grand frère de la victime, âgé de 25 ans environ, est lui aussi passé à tabac. Il parvient à s'échapper et à appeler l'un de ses amis pour qu'il vienne l'aider, notamment à le conduire à l'hôpital: le jeune Tchétchène. 

"Pendant la nuit, vers 1 heure du matin, il (son fils, ndlr) a reçu un appel de son ami, un Albanais. Il lui a demandé de venir l’accompagner à l’hôpital. Deux voitures sont arrivées et des gens avec des armes. Mon fils a reçu des coups de crosse sur la tête, on l’a tabassé, on lui a donné des coups de pied surtout sur le visage", a affirmé Zelimkhan. "Et quelqu’un lui a mis un pistolet dans la bouche", a-t-il ajouté. 

Il dit que lui et son épouse ont aujourd'hui peur pour leur enfant et craignent des représailles, évitant de sortir de chez eux. Mardi soir, Dijon a toutefois connu sa première soirée de tranquillité en cinq jours. 

Matthias Tesson avec Robin Verner