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Sarkozy condamné: le Parquet national financier va également faire appel de la décision

L'ancien président Nicolas Sarkozy arrives au tribunal de Paris le 1er mars 2021

L'ancien président Nicolas Sarkozy arrives au tribunal de Paris le 1er mars 2021 - Anne-Christine POUJOULAT © 2019 AFP

L'ancien chef de l'État a été condamné lundi à trois ans d'emprisonnement dont un ferme pour "corruption" et "trafic d'influence".

Le parquet national financier (PNF) va faire un appel incident de la décision du tribunal de Paris lundi, qui a condamné Nicolas Sarkozy à de la prison ferme dans l'affaire dite des "écoutes", a appris l'Agence France-Presse (AFP) jeudi après du PNF.

Cet appel, qui fait suite à celui de l'ex-chef de l'État et de ses coprévenus, permettra à la cour d'appel d'avoir toute latitude pour rejuger le dossier, y compris en allant au-delà des peines prononcées en première instance.

Selon la loi en effet, faute d'un tel appel du ministère public, une cour d'appel ne peut prononcer des peines plus lourdes qu'en première instance.

Dans une décision historique lundi, Nicolas Sarkozy a été condamné par la 32e chambre correctionnelle pour corruption et trafic d'influence à trois ans d'emprisonnement, dont un ferme.

Son avocat Thierry Herzog et l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert se sont vus infliger la même sanction, assortie d'une interdiction d'exercer de cinq ans pour Me Herzog.

10 ans de prison encourus

Devenu le premier ex-chef de l'État à être condamné à de la prison ferme, Nicolas Sarkozy a immédiatement annoncé qu'il allait faire appel, tout comme MM. Herzog et Azibert.

Le dossier des "écoutes" devrait être rejugé courant 2022, puis il resterait ensuite aux trois hommes la possibilité de former un pourvoi en cassation. Ils encourent dix ans de prison et 1 million d'euros d'amende.

Mercredi soir sur TF1, l'ancien président s'est dit victime d'une "injustice profonde". Il avait déjà affirmé le matin dans Le Figaro qu'il n'excluait pas d'aller devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) s'il n'obtenait pas gain de cause.

Alors que certains de ses soutiens avaient parlé d'une "justice politique", Nicolas Sarkozy s'est refusé à employer ces mots. Si plusieurs à droite ont mis en cause le rôle du PNF dans ce procès, l'ancien président a assuré qu'il ne demandait "la dissolution d'aucune institution".

"Je me battrai jusqu'au bout pour que la vérité triomphe", a-t-il assuré, déclarant aussi: "Je suis habitué à subir ce harcèlement depuis dix ans".

Plus tôt, dans une rare prise de parole, le président du tribunal judiciaire de Paris avait appelé "solennellement" "au respect de l'institution judiciaire", après les vives critiques contre le jugement.

C.M. avec AFP