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"Racket", "extorsion en bande organisée": les plaintes contre Emmanuel Macron se multiplient

Cette personne a été mise en examen pour "non-dénonciation de crime terroriste".

Cette personne a été mise en examen pour "non-dénonciation de crime terroriste". - JACQUES DEMARTHON / AFP

Depuis plusieurs jours, les policiers enregistrent à travers la France des plaintes déposées par des citoyens se réclamant du mouvement des gilets jaunes. Toutes ont la même cible: Emmanuel Macron.

"Racket", "atteinte au droit de manifestation", "extorsion en bande organisée"... Des Gilets jaunes ont décidé de passer à la vitesse supérieure ces derniers jours, en déposant des plaintes aux motifs variés contre Emmanuel Macron. Aux quatre coins de la France, les policiers reçoivent la visite de manifestants prêts à en découdre avec le chef de l’Etat devant la justice.

Des policiers déboussolés

La valse des plaintes a débuté lundi, au surlendemain du rassemblement émaillé de violences sur les Champs-Elysées. Comme le rapporte Ouest France, un représentant des gilets jaunes a déposé plainte dans la matinée contre Emmanuel Macron pour sept motifs: "racket, dilapidation de l’argent public, préjudice moral et mise en danger de la vie d’autrui, violences volontaires avec arme, usage abusif de la force publique sur personne vulnérable, et atteinte au droit de manifestation".

Ne sachant comment réagir, les policiers qui n'avaient "jamais vu ça" seraient "allés rechercher dans le code de la constitution pour voir si cela était possible", explique l'auteur de la plainte dans les colonnes du journal local. Après quelques recherches pour évaluer la conformité de la demande, les agents ont finalement enregistré la plainte. 

Théorie du complot

Quelques heures plus tard, une gilet jaune âgée de 29 ans a entrepris la même démarche en Charente. Mais son motif était bien différent: elle a décidé d'attaquer le président de la République pour "usurpation de fonction et détournement de fonds publics". Comme l'explique Sud Ouest, cette manifestante soutient une accusation quelque peu farfelue.

Elle estime que la France n'a plus de Constitution depuis la signature par Manuel Valls d'un décret controversé en 2016, et que par conséquent, les institutions de la Ve République sont illégales, et le président illégitime. Il s'agit d'une théorie conspirationniste, défendue par certains Gilets jaunes depuis le lancement du mouvement. Compte tenu du manque de fondement juridique, cette plainte devrait rapidement être classée sans suite. 

"Le fait que les plaintes soient enregistrées est déjà une victoire"

Mardi, c'est en région parisienne que les policiers ont reçu la visite d'un gilet jaune. Selon LCI, un homme a déposé plainte contre le chef de l'Etat à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) pour "atteinte à la liberté de manifester" et "violences volontaires avec armes". La police a enregistré la plainte, mais aucune enquête n'a pour le moment été ouverte. 

Le lendemain, un habitant de Belfort a déposé plainte contre le président et son gouvernement pour "extorsion de fonds en bande organisée". "Depuis l’élection de M. Macron, je me sens racketté", explique-t-il à L'Est Républicain. "J’ai le sentiment d’une dilapidation de l’argent public. C’est pour cela que je demande la démission du président voire sa destitution".

Selon le journal local, l'homme aurait été imité par cinq autres manifestants dans la région. Si l'auteur de la première ne s'attend pas à ce que ces plaintes aboutissent, il estime tout de même que "le fait qu’elles soient enregistrées est déjà une victoire".

De nombreux internautes appellent à multiplier ce type d'initiative pour faire entendre leur voix. 

Céline Penicaud