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"Qu'il arrête de se plaindre": la mère d'une victime du Bataclan répond aux provocations de Salah Abdeslam

Patricia Correia, mère de Précilia, victime de l'attaque au Bataclan, a assuré ce mercredi sur BFMTV qu'elle s'attendait à "des provocations" de la part de Salah Abdeslam lors du procès des attentats du 13-Novembre.

"Tout ce qu'il peut dire ne m'atteint pas": la mère d'une victime de l'attaque du Bataclan a réagi, ce mercredi, aux premiers mots prononcés par Salah Abdeslam à l'ouverture du procès des attentats du 13-Novembre, ce mercredi à Paris. Lors de cette première journée d'audience, le principal accusé s'est mis à hurlé contre le président du tribunal afin de dénoncer les conditions de sa détention. "On est traités comme des chiens", a-t-il tonné pendant deux minutes.

"Qu'il soit traité comme un chien", a déclaré Patricia Correia sur le plateau de BFMTV, ajoutant n'avoir "aucune compassion" pour le seul membre encore en vie des attaques perpétrées à Paris et Saint-Denis. "C'est bien, c'est parfait, que ça continue ainsi", a-t-elle réagi. "Cette provocation ne m'atteint pas".

"Je m'attendais à ce qu'il fasse de la provocation"

"Moi ce qui m'intéresse, c'est que la mémoire de ceux qui ont été arrachés à la vie, ceux qui ont subi des traumatismes physiques et psychiques soit respectée et dure dans le temps. Voilà, c'est ça que j'attends du procès", a poursuivi la mère de Précilia. "Mais alors lui (Salah Abdeslam) peut dire ce qu'il veut, ça ne me touche pas du tout. Et de totue façon je m'attendais à ce qu'il fasse de la provocation, je l'ai toujours dit. Je n'attends rien de ce type", a lancé Patricia Correia, qualifiant ce membre du commando de "lâche".

"Il a beaucoup de chance d'être jugé dans le pays des droits de l'Homme. Il a beaucoup de chance alors qu'il arrête de se plaindre, qu'il arrête de dire qu'il est traité comme un chien parce qu'il n'est pas traité comme un chien. La France n'est quand même pas un pays où on traitre les gens comme des chiens", selon la vice-présidente de l’association “13onze15 Fraternité".

"Ce type a été télécommandé à distance"

À BFMTV, Patricia Correia confie avoir "toujours de la colère, de la haine" envers les différents accusés. "On a tué ma fille", rappelle-t-elle. "On ne peut pas rester indifférent à ça. Je vais vous dire, moi je ne pardonne pas, sinon je salis sa mémoire.... À l'intérieur de moi-même, c'est très dur. Je vis un cauchemar, vous y pensez tout le temps. Moi mon deuil, je ne le ferai jamais. Comment voulez-vous que je fasse le deuil de ma fille qui se portait très bien, qui avait la joie de vivre, qui était allée écouter de la musique et puis on vient lui tirer dessus? Tout ça, c'est vraiment l'horreur absolue, je ne peux pas".

Toutefois, elle se dit prête à "affronter" le regard de Salah Abdeslam dans le box des accusés. "Pour moi, ce type est un robot, il a été télécommandé à distance pour aider à faire ce massacre".

Le Franco-marocain de 31 ans est accusé de complicités de crimes terroristes et encourt la perpétuité. En début d'audience ce mercredi, le seul membre encore en vie des commandos avait déjà joué la provocation en paraphrasant la Chahada, profession de foi musulmane, lors de sa première prise de parole devant les magistrats qui doivent le juger jusqu'à la fin du mois de mai.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV