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Procès PIP: début des plaidoiries pour les 6.000 parties civiles

Des plaignantes dans la salle d'audience du tribunal correctionnel de Marseille, à l'ouverture du procès PIP, mercredi 17 avril.

Des plaignantes dans la salle d'audience du tribunal correctionnel de Marseille, à l'ouverture du procès PIP, mercredi 17 avril. - -

Le procès des prothèses mammaires frauduleuses PIP a entamé lundi la phase des plaidoiries. Pendant 10 jours, 40 avocats vont demander des dommages et intérêts pour 6.000 plaignantes.

Il va falloir plus d'une semaine pour entendre les avocats des parties civiles dans le procès de l'affaire des implants mammaires frauduleux de PIP. Et pour cause: le nombre de plaignantes dépasse désormais les 6.000.

Le tribunal correctionnel de Marseille, qui juge cinq prévenus dont le fondateur de l'entreprise Jean-Claude Mas, avait clos les débats vendredi après avoir examiné le fond du dossier pendant une semaine. Lundi s'est ouvert le temps des plaidoiries. En tout, une quarantaine d'avocats doivent plaider jusqu'au 7 mai.

Des prothèses nocives

L'entreprise varoise Poly implant prothèse (PIP), qui réalisait des implants mammaires, est soupçonnée d'avoir concocté un gel de silicone non autorisé à bon marché pour dégager des bénéfices. Et ce au prix de la sante des porteuses: un quart des implants retirés à titre préventif après la révélation du scandale se sont révélés défectueux.

Au cours des débats, les femmes ont défilé à la barre pour raconter les souffrances engendrées par la pose de ces prothèses. Mais Jean-Claude Mas a refusé d'admettre une quelconque nocivité de ses implants. Il a toutefois fini par demander "pardon aux patientes pour la tromperie" de son entreprise, alors qu'il les avaient accusées avant le procès de "porter plainte pour le fric".

Qui pour dédommager?

Lundi, la première avocate à s'exprimer a réclamé 30.000 euros de dommages et intérêts pour son unique cliente, au titre du préjudice moral. Peu après elle, Me Christine Ravaz, qui en représente sept, a réclamé la somme d'un million d'euros par victime.

Cette dernière a toutefois déploré l'absence sur le banc des prévenus de l'entreprise PIP en tant que personne morale. Car les cinq prévenus seraient incapables d'assurer le moindre dédommagement en cas de condamnation. "C'est tout juste si monsieur Mas ne fait pas la manche devant votre Palais de justice", a-t-elle lâché.

L'avocate a donc demandé au tribunal de faire citer le liquidateur de l'entreprise et ses assurances. Elle a également dénoncé le fait que le certificateur des prothèses, le groupe allemande TÜV, n'ait pas été mis en cause. Selon elle, celui-ci est coupable de laxisme dans ses contrôles.


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M. T.