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Procès des prothèses mammaires PIP: Mas s'excuse

Jean-Claude Mas à l'ouverture de son procès à Marseille, le 17 avril dernier.

Jean-Claude Mas à l'ouverture de son procès à Marseille, le 17 avril dernier. - -

Le fondateur de la société varoise PIP, Jean-Claude Mas, a "demandé pardon" aux victimes de la tromperie, vendredi, devant le tribunal correctionnel de Marseille, qui juge l'affaire des implants mammaires frauduleux.

"Je demande pardon aux patientes pour la tromperie faite par PIP et j'espère que la conclusion des débats sera de nature à les conforter". Cette phrase prononcée du bout des lèvres par le fondateur de la société varoise Jean-Claude Mas à la barre aura permis à ses très nombreuses victimes un -relatif- soulagement.

L'homme est jugé actuellement aux côtés de quatre autres ex-cadres de l'entreprise devant le tribunal correctionnel de Marseille pour l'affaire des implants fabriqués avec du gel frelaté. Ils sont jugés pour tromperie aggravée et escroquerie jusqu'au 17 mai. Plus de 5.200 porteuses d'implants ont porté plainte.

Pas question pour Mas, cependant, d'admettre une quelconque nocivité de ses implants, tandis que les femmes défilent à la barre pour raconter leurs souffrances. Souvent, l'explantation et l'angoisse se sont ajoutées à la maladie. Le dernier bilan de l'Agence des produits de santé fait état de plus de 4.100 ruptures, de près de 2.700 femmes souffrant d'inflammations, d'un taux de "défaillance" de 25% constaté sur les implants retirés préventivement depuis le début du scandale.

Les autres prévenus s'excusent aussi

Avant les premières plaidoiries de parties civiles la semaine prochaine, les autres prévenus ont également été invités à s'exprimer par la présidente du tribunal Claude Vieillard. "Je réitère mes excuses auprès des patientes qui ont à souffrir de la situation", a déclaré l'ancienne directrice qualité de PIP, Hannelore Font.

Selon les pouvoirs publics, rien n'indique un risque accru de cancer à ce jour, une vaste étude épidémiologique devant être lancée sur dix ans. Reste que pour les plaignantes, l'incertitude n'a plus place. "Nous entendons beaucoup de choses, mais vous oubliez la plus importante, ce que vivent les victimes. De quelle vérité parle-t-on ici, celle des tests effectués sur des lapins? J'ai vu de mes propres yeux les ravages de votre gel", lance Alexandra Blachère, présidente d'une association, l'une des dernières victimes à s'être exprimée à la barre vendredi.

L'audience a été suspendue et reprendra lundi à 13 heures avec les plaidoiries des parties civiles, après un début très procédural il y a dix jours. Depuis, l'audience a examiné le fond de l'affaire: la tromperie sur le contenu des prothèses, aggravé selon l'accusation par les risques qu'elle fait courir aux dizaines de milliers de femmes qui les portent.

Alexandra Gonzalez avec AFP