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Procès PIP: Mas maintient que son gel n'est pas nocif

Jean-Claude Mas, à l'ouverture de son procès à Marseille, le 17 avril dernier.

Jean-Claude Mas, à l'ouverture de son procès à Marseille, le 17 avril dernier. - -

Jugé pour escroquerie jusqu'au 17 mai, le fondateur des prothèses mammaires PIP maintient que son gel n'est pas nocif, n'hésitant pas à en discuter avec les victimes.

Le temps d'un café, le fondateur de PIP Jean-Claude Mas a dialogué, jeudi, avec l'une des très nombreuses victimes du scandale des prothèses frauduleuses jugé à Marseille, venue le voir à une suspension d'audience, devant quelques journalistes.

Le prévenu était assis, seul, à une petite table au sortir de la salle d'audience, quand trois membres d'une association de porteuses d'implants ont pris place à ses côtés. Scène surprenante, où l'une d'elles lui raconte alors qu'à la suite d'une ablation des deux seins en 1994, pour cause de maladie, sa poitrine fut reconstruite avec des implants PIP remplis de silicone, juste avant son interdiction en France - il fut réintroduit en 2001.

Jean-Claude Mas lui répond qu'il s'agissait déjà du gel de fabrication maison que la justice lui reproche d'avoir utilisé de 2001 à 2010 à la place du gel de marque Nusil, homologué contrairement au sien. La patiente lui raconte qu'un de ses implants s'est rompu, nécessitant son explantation et entraînant des complications. Depuis, on ne parvient plus à lui implanter une prothèse, même d'une autre marque.

"Pour moi, c'est un guignol, il ment"

Elle lui demande si le gel PIP est corrosif. "Non, si vous en aviez un d'une autre marque, ce serait pareil", lui répond le prévenu, une ligne de défense déjà invoquée vendredi. Elle se lève alors nerveusement, alors que l'échange jusque-là était calme. "Ne soyez pas à fleur de peau", lui glisse Mas, campant à tout prix sur ses positions.

"Avant 2010, personne ne parlait de ces problèmes, alors qu'il y en a toujours eu. Ces femmes pensent qu'elles ont une bombe dans leur corps, et ce sera le cas tant qu'on ne leur dira pas que ce n'est pas dangereux. Mais ça vient petit à petit. On leur doit la vérité", poursuit le principal prévenu du procès.

"C'est moi qui l'ai abordé parce que je voulais savoir. J'ai essayé de lui faire comprendre mon parcours, de lui dire que son gel était nocif, mais je n'ai pas réussi. Pour lui, il y a tromperie, mais son gel est bon. Pour moi, c'est un guignol, il ment", a expliqué Cathy après la scène.

Cinq prévenus - le fondateur de PIP Jean-Claude Mas et quatre anciens cadres - sont jugés pour tromperie aggravée et escroquerie jusqu'au 17 mai. Plus de 5.200 porteuses d'implants ont porté plainte.


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