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Procès Fiona: la mère et le beau-père s'accusent mutuellement du meurtre de la petite fille

Le procès de la mère de la petite Fiona, Cécile Bourgeon, et de son ex-compagnon, Berkane Makhlouf, s'est ouvert ce lundi devant la cour d'assises de Riom, près de Clermont-Ferrand. La justice devra répondre à une question: qui a tué la petite fille il y a trois ans?

Aux premières heures de cette dramatique affaire, la mère de Fiona et son ex-compagnon étaient unis dans le mensonge. Aujourd'hui, ils se rejettent la responsabilité de la mort de la petite fille. Depuis ce lundi matin, Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf sont jugés par la cour d'assises du Puy-de-Dôme, à Riom, pour le meurtre en 2013 de Fiona, cinq ans, dont le corps n'a jamais été retrouvé. 

L'audience a débuté avec la lecture de l'acte d'accusation, un moment particulièrement douloureux pour le père de l'enfant, Nicolas Chafoulais, qui s'est effondré en larmes. "Vous allez assister à quinze jours assez lourds, car le dossier est lourd, le dossier est terrifiant, le dossier est désagréable", s'est ému son avocat Me Charles Fribourg. "Qu’on nous rende le corps de Fiona, qu’elle ait une sépulture (...), qu’on lui rende l’identité qu’elle n'a pas eue."

Aucun ne reconnaît les coups mortels

La question sera au cœur des débats pendant ces quinze jours d'audience. Tout comme celle qui permettrait de savoir qui a tué la petite fille, d'abord portée disparue, avant que les accusés reconnaissent qu'elle était morte. Pendant cette première journée d'audience, les ex-compagnons, séparés dans le box par un agent de l'administration pénitentiaire, se sont une nouvelle fois rejeté la faute comme depuis le début de l'affaire, chacun niant avoir porté les coups mortels. Berkane Makhlouf, sous l'emprise de médicaments, a bien dû mal à s'exprimer devant la cour d'assises. Rasé de près, coiffé, il porte une belle chemise. Il admet avoir porté des coups, mais pas mortels.

Cécile Bourgeon, loin de son image de très jeune mère effondrée qu'on lui connaissait il y a trois ans, a le regard fuyant. Elle se cache derrière ses cheveux blonds coupés en carré plongeant. Les yeux fixé vers la cour, elle évite de croiser le regard de ses parents, qui se sont constitués partie civile, et du père de Fiona. La jeune femme de 29 ans reconnaît les faits "mais pas les coups mortels".

"Elle a reconnu des erreurs, le mensonge", admet Renaud Portejoie, l'avocat de la mère de Fiona. "Elle a reconnu qu'elle n'avait pas su protéger sa fille. En revanche, elle a toujours dit depuis le départ qu’elle n’avait strictement rien à voir avec la mort de sa fille et elle continuera à le maintenir."

Un homme violent

La cour s'est ensuite penchée sur la personnalité de Berkane Makhlouf. Décrit comme un homme violent, il a insisté sur son enfance difficile. "Mon frère était violent, j'ai grandi dans la méfiance et l'impulsivité", explique-t-il. "Mon frère me frappait à la cave, me forçait à boire de la pisse et me disait de ne pas pleurer". Une enfance chaotique, suivi d'un dérapage scolaire puis la toxicomanie.

"Si on n'avait pas consommé toute (cette drogue), peut-être qu'on ne serait pas là", admet-il, alors que l'enquête a démontré que Berkane Makhlouf avait initié Cécile Bourgeon à l'héroïne, avant que celle-ci ne devienne accro. Le couple se droguait devant Fiona et sa petite sœur Eva.

Le témoignage devant la cour de Stéphanie, l'ancienne petite amie de l'homme, âgé de 35 ans, confirme le tempérament violent. Des coups, des humiliations, la jeune femme a été séquestrée pour ne pas s'échapper. Elle parle des relations sexuelles forcées et des menaces. Berkane Makhlouf lui a lancé, comme avertissement, qu'il allait "creuser un trou et l'enterrer".

La jeune femme assure qu'il n'a jamais touché à ses enfants. "Je n'ai jamais levé la main sur les enfants, j'ai des limites", assure l'accusé. "Pour moi les enfants, c'est sacré." A ces mots, l'effroi et la colère se sont emparés de la salle d'audience.
Justine Chevalier avec Cécile Danré