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Le calvaire de Fiona devant la justice

Le procès de la mère et du beau-père de Fiona, tuée en 2013 à l'âge de cinq ans, s'ouvre ce lundi devant les assises du Puy-de-Dôme.

Le procès de la mère et du beau-père de Fiona, tuée en 2013 à l'âge de cinq ans, s'ouvre ce lundi devant les assises du Puy-de-Dôme. - THIERRY ZOCCOLAN / AFP

Trois ans après la mort de la petite Fiona, disparue à l'âge de 5 ans, le procès de sa mère et de son beau-père s'ouvre ce lundi devant les assises du Puy-de-Dôme. Ils avaient avoué la mort de l'enfant après avoir fait croire à un enlèvement. Son corps n'a jamais été retrouvé.

La disparition de la fillette avait fait la une des journaux en 2013. Le procès de la mère et du beau-père de Fiona s'ouvre ce lundi devant les assises du Puy-de-Dôme. Agée de 5 ans, elle avait été signalée disparue le 12 mai 2013 à Clermont-Ferrand. La mère et l'ex-compagnon de l'enfant, Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf, âgés de 29 et 35 ans, avaient alors fait croire à un enlèvement, avant d'avouer sa mort.

Tous deux sont accusés de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur mineure de moins de 15 ans, par ascendant ou par personne ayant autorité et en réunion, de non-assistance à personne en danger et de recel ou dissimulation de cadavre. Ils encourent 30 ans de réclusion criminelle.

Le corps n'a jamais été retrouvé

Le procès devra déterminer la responsabilité de deux anciens conjoints dans la mort de la fillette. Il pourra également permettre de révéler ce qui est advenu du corps de l'enfant, qui n'a jamais été retrouvé malgré plusieurs campagnes de fouilles.

Le 12 mai 2013, la mère de Fiona avait déclaré sa disparition dans un parc de Clermont-Ferrand, racontant s'être assoupie, exténuée par sa grossesse. Un mensonge qui mobilisera, outre les enquêteurs, de nombreux habitants de Clermont-Ferrand partis à la recherche de l'enfant, émus par la détresse affichée de la jeune femme, dont l'attitude détachée intriguera ensuite.

Des aveux quatre mois plus tard

Interrogé quatre mois après les faits dans un commissariat de Perpignan, le couple, connu pour toxicomanie, a avoué. La mère et son compagnon se sont accusés mutuellement d'avoir porté les coups mortels. Ils ont indiqué aux enquêteurs l'avoir enterré, nue, à la lisière d'une forêt près du lac d'Aydat, à une vingtaine de kilomètres de Clermont-Ferrand.

Des images se rapportant à plusieurs affaires de disparition d'enfant, dont celle de Typhaine, battue à mort par ses parents au même âge que Fiona à Maubeuge, avaient été retrouvés dans leur ordinateur. 

Un "enchaînement fatal de violences"

Cécile Bourgeon assure qu'elle n'a jamais porté la main sur sa fille", ont indiqué à l'AFP ses avocats, Maîtres Gilles-Jean et Renaud Portejoie. De son côté, Berkane Makhlouf semble "désireux de s'expliquer", selon son conseil, Maître Mohamed Khanifar. 

D'après la juge d'instruction chargée de l'enquête, Fiona serait morte après un "enchaînement fatal de violences". Pour son dernier jour d'école, la petite fille était apparue sans énergie, la mine grise et les yeux cernés, selon un témoin de l'établissement scolaire. Le lendemain, elle portait un bandeau visant à cacher un hématome au niveau de la tempe de son visage partiellement tuméfié.

Sept associations de protection de l'enfance se sont portées parties civiles dans ce procès, qui durera dix jours.

C.V. avec AFP