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Procès de la fusillade de Forest: le casse-tête du transfert de Salah Abdeslam

En avril 2016, Salah Abdeslam avait gagné la prison de Fleury-Mérogis dans un convoi sous haute escorte.

En avril 2016, Salah Abdeslam avait gagné la prison de Fleury-Mérogis dans un convoi sous haute escorte. - AFP

L'unique membre des commandos du 13-Novembre encore vivant doit assister au procès de la fusillade de Forest en Belgique qui se tiendra à partir du 18 décembre à Bruxelles.

C'est un véritable casse-tête pour les autorités française et belge. Comment assurer le transfert de Salah Abdeslam depuis sa prison de Fleury-Mérogis vers le tribunal de Bruxelles? L'unique membre des commandos du 13-Novembre encore vivant doit se rendre à partir du 18 décembre de l'autre côté de la frontière pour comparaître dans le procès de la fusillade de Forest qui avait eu lieu trois jours avant l'arrestation du terroriste. Plusieurs hypothèses ont été évoquées pour assurer son transfert en toute sécurité.

Selon nos informations, Salah Abdeslam, emprisonné à Fleury-Mérogis, en Essonne, depuis le 27 avril 2016, pourrait être transféré, le temps du procès, au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais. Une option, qui pourrait être préféré à l'éventualité d'un trajet quotidien en hélicoptère qui avait rapidement été démentie.

Prison la plus sécurisée de France

Alors que Salah Abdeslam est soumis à un dispositif de surveillance inédit dans sa cellule de Fleury-Mérogis, le centre de Vendin-le-Vieil offre une sécurité renforcée. Prison la plus sécurisée de France, avec Condé-sur-Sarthe, 220 gardiens y travaillent pour "seulement" une centaine de détenus, soit deux surveillants pour un prisonnier. Un ratio unique en France où la population carcérale a encore augmenté depuis l'an dernier pour atteindre les 69.307 pour 59.151 places.

"On accueille une population pénale réputée difficile et dangereuse, justifie Julien Martin, délégué syndical FO Pénitentiaire. On a une infrastructure et des dispositifs de sécurité qui sont assez complets. On dénombre pas moins de 400 caméras sur le site." Et ce, alors que Salah Abdeslam est sous vidéo-surveillance 24/24.

Autre avantage en matière de logistique: la prison de Vendin-le-Vieil se situe à une cinquantaine de kilomètres de la frontière et à moins de deux heures de Bruxelles, où seront jugés Salah Abdeslam et Sofiane Ayari pour "tentative de meurtre dans un contexte terroriste" sur des policiers lors d'une perquisition dans un appartement conspiratif. Procès auquel l'unique membre des commandos du 13-Novembre encore vivant avait indiqué vouloir participer. Tous les jours, le prisonnier pourrait alors effectuer le trajet sous haute escorte depuis la France jusqu'à la capitale belge. 

Le GIGN à la manoeuvre?

La tâche de ce trajet quotidien pourrait être assurée par l'unité d'élite de la gendarmerie, le GIGN, jusqu'à la frontière. Le prisonnier serait alors remis aux policiers belges qui assureraient sa surveillance jusqu'à Bruxelles. Une opération qui n'est pas sans risque. "A partir du moment où on va faire, ce qu’on appelle, une rupture de charge, c’est-à-dire que les véhicules belges vont s’arrêter, faire descendre le détenu, le faire monter dans un véhicule français et repartir, là il y a forcément un niveau de risque supplémentaire", Antony Couzian-Marchand, ancien commandant au GIGN.

Lors de son transfèrement, dans la plus grande discrétion, entre la Belgique et la France, le 27 avril 2016, Salah Abdeslam avait déjà été escorté par le Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN). Il avait quitté la prison de Beveren, dans le nord de la Belgique, pour la France par voie aérienne. Le terroriste avait alors été emmené dans le bureau d'un juge d'instruction pour lui signifier sa mise en examen avant de rejoindre la prison de Fleury-Mérogis, cette fois-ci par la route.

J.C. avec Sarah-Lou Cohen