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Prisons: le ministère fait de nouvelles propositions, les syndicats mitigés

Des gendarmes se tiennent devant la prison des Baumettes, à Marseille, le 25 janvier 2018.

Des gendarmes se tiennent devant la prison des Baumettes, à Marseille, le 25 janvier 2018. - Boris Horvat - AFP

Le syndicat Ufap-Unsa "constate des avancées" dans l'accord proposé par la ministre de la Justice, FO Pénitentiaire le juge "loin de ce que réclame la base".

La ministre de la Justice a fait de nouvelles propositions ce jeudi aux syndicats concernés par la grogne des surveillants pénitentiaires. Elle propose notamment l'augmentation des primes pour un montant de 34 millions d'euros et de renforcer la sécurité, a annoncé le syndicat majoritaire Ufap-Unsa.

"On constate des avancées: on est passé (depuis la semaine dernière) de 30 millions à 34 millions d'euros pour les indemnités, la création de 1 100 postes (pour 40 millions d'euros) et l'aménagement de 1 500 places pour les détenus radicalisés dans des quartiers spécifiques et totalement étanches", a déclaré Jean-François Forget, le secrétaire national du syndicat, en sortant d'une réunion avec Nicole Belloubet.

Déception en revanche pour FO, son secrétaire général Emmanuel Baudin jugeant les propositions de la ministre "loin, loin de ce que réclamait la base".

"Et la base nous suit", a-t-il assuré après la rencontre en parlant d'un mouvement qui "ne s'essouffle pas mais va prendre d'autres formes". "Je pense que le week-end risque d'être très, très, très tendu en prison en France", a-t-il lancé. 

Contactée, la chancellerie s'est refusée à toute déclaration alors que les discussions se poursuivaient dans l'après-midi à la chancellerie avec l'autre grand syndicat de surveillants, la CGT-Pénitentiaire.

Plus de sécurité pour les surveillants

Dans le détail, Jean-François Forget a précisé que "l'indemnité de charge pénitentiaire", une prime annuelle augmenterait de 400 euros (pour passer à 1 400) et indiqué qu'une nouvelle prime de "fidélisation et attractivité pour les jeunes" serait créée.

Sur le plan sécuritaire, la chancellerie propose de doter l'ensemble des surveillants de gilets pare-balles et de systématiser le port de menottes pour les déplacements à l'intérieur de la prison des détenus dangereux.

La ministre a par ailleurs confirmé sa proposition de créer 1 100 postes sur quatre ans et "s'est engagée à consulter les syndicats sur l'affectation de ces nouveaux emplois", a-t-il indiqué. 

"Elle nous a précisé qu'au nom du Premier ministre et en son nom, le gouvernement ne pourra pas aller au-delà des propositions qui nous sont remises", a-t-il encore dit, se refusant à "tout commentaire" avant d'avoir consulté ses militants et promis une réponse d'ici vendredi midi.

Le mouvement de blocage des prisons, le plus important depuis 25 ans, se poursuit ce jeudi pour le onzième jour consécutif, après plusieurs négociations infructueuses.

L.A., avec AFP