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Qu'apporterait un alignement du statut des surveillants de prison sur celui des policiers?

Un policier devant des surveillants de prison en grève, le 22 janvier 2018 à la prison de Béziers.

Un policier devant des surveillants de prison en grève, le 22 janvier 2018 à la prison de Béziers. - Pascal Guyot - AFP

Deux syndicats de surveillants pénitentiaires demandent un alignement de leur statut sur celui des policiers, pour une meilleure reconnaissance de leurs conditions de travail.

L'ancienne garde des Sceaux Rachida Dati a proposé ce mercredi matin au micro de RTL de "faire tendre le statut de la pénitentiaire sur celui des policiers". Actuellement, les surveillants de prison sont des fonctionnaires de classe C, contrairement aux policiers qui eux appartiennent à la classe B.

La suggestion de Rachida Dati ne sort pas de nulle part: c'est une des demandes portées par les sections concernées des syndicats FO et CGT.

"L'idéologie de passer de C à B, ce n'est pas qu'une idéologie salariale, c'est une idéologie de fond", assure à BFMTV.com Christopher Dorangeville, secrétaire général CGT Pénitentiaire.

"Aujourd'hui le surveillant est cantonné à ouvrir et fermer des portes, au vu de la surpopulation pénale qui existe dans nos établissements, des carences d'effectifs et des différents points qui dégradent nos conditions de travail", constate-t-il. "Tout le monde s'accorde à dire que nos conditions de travail ne sont pas aujourd'hui valorisantes, donc il faut redéfinir notre métier et replacer le surveillant comme acteur central", demande le syndicaliste.

Pour ce faire, CGT Pénitentiaire demande "plus d'outils" et donc "une formation plus longue". "Il faut que (le surveillant) puisse être acteur dans les différentes commissions pluri-disciplinaires", propose par exemple Christopher Dorangeville.

Ces commissions permettent la rencontre entre les différents personnels de la prison. Des réunions où le surveillant "n'est que très rarement convié", regrette-t-il, soulignant que l'agent est pourtant "celui qui connaît 'le plus' le détenu".

"Récupérer son autorité en détention"

"Toute cette évolution de métier fait que derrière, il récupère son autorité en détention, une valorisation dans le métier qu'il exerce et donc qui motive le passage en catégorie B, ainsi qu'une rémunération en adéquation avec le travail qu'ils exercent", argumente CGT Pénitentiaire.

Cette revalorisation statutaire est "une des revendications de FO depuis le début du mouvement", explique le secrétaire général adjoint du syndicat Yoan Karar, qui y voit "une réelle reconnaissance de la dureté de (leur) métier" et un alignement avec la police.

"La catégorie C, ce sont les exécutants. La catégorie B, les techniciens, la catégorie A, les cadres", éclaire-t-il. "Nous sommes des techniciens de l'humain. On nous demande d'être pompiers, infirmiers, psychologues, assistants sociaux, de faire du renseignement… On gère de grosses problématiques et notre travail doit être reconnu", martèle Yoan Karar auprès de BFMTV.com. 

FO Pénitentiaire demande également l'abrogation d'un "plan de requalification du corps de commandement" signé il y a plusieurs mois par un autre syndicat, l'Ufap-Unsa. Ce plan, qui n'est pas encore entré en application, assure le passage d'une partie des officiers en catégorie A, tandis que d'autres restent en B.

"De ce fait, ça bloque toute la remontée catégorielle des grades en-dessous. On ne peut pas mélanger des surveillants qui sont en catégorie C avec des officiers qui sont en catégorie B et qui le resteront", avance Yoan Karar. FO Pénitentiaire demande ainsi le passage de tous les officiers en A et de tous les surveillants en B, en plus de toutes leurs autres revendications.

Liv Audigane