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Prisons: onzième jour du mouvement, des prisons bloquées et une nouvelle rencontre au ministère

Des CRS tentent de libérer l'accès à la prison des Baumettes, le 24 janvier 2018 à Marseille.

Des CRS tentent de libérer l'accès à la prison des Baumettes, le 24 janvier 2018 à Marseille. - Boris Horvat - AFP

Plusieurs prisons restent bloquées au 11e jour de mobilisation des surveillants pénitentiaires. De nouvelles discussions doivent avoir lieu ce jeudi entre les syndicats et la ministre de la Justice, qui devrait présenter un nouveau projet d'accord.

La mobilisation des surveillants pénitentiaires continue pour le 11e jour ce jeudi. Les blocages ont repris dans quelques prisons, avant une nouvelle rencontre attendue entre les syndicats de surveillants pénitentiaires et le ministère de la Justice.

Selon la CGT et l'Ufap-Unsa (majoritaire), des discussions bilatérales avec le ministère de la Justice se sont tenues mercredi soir sans aboutir et une nouvelle réunion doit avoir lieu ce jeudi. 

"Dans la matinée ou dans la journée, le ministère devrait nous présenter une dernière proposition", a assuré à l'AFP Jean-François Forget, secrétaire général de l'Ufap-Unsa, sans plus de précisions.

"Cette proposition devrait être le fruit de toutes les discussions menées depuis plusieurs jours", a abondé Christopher Dorangeville, secrétaire général de la CGT pénitentiaire, ajoutant que le ministère a assuré la veille qu'une nouvelle rencontre se tiendrait "dans la journée".

Les surveillants menacés de sanctions disciplinaires

A Fleury-Mérogis (Essonne), le plus grand centre pénitentiaire d'Europe, une barricade de palettes et pneus a été montée devant l'entrée de la maison d'arrêt des hommes par la trentaine de surveillants présents. Une assemblée générale est prévue tôt dans la matinée pour évoquer les propositions faites par le ministère mercredi soir et avant le rendez-vous au ministère de la Justice, selon un surveillant pénitentiaire sur place.

La prison de Nanterre est quant à elle totalement bloquée par une trentaine d'agents rassemblés. Dans l'établissement de Réau (Seine-et-Marne), les agents ont "déposé les clés", a déclaré Martial Delabroye, de FO Pénitentiaire, précisant que "les grévistes sont à l'intérieur, mais personne n'a pris le travail".

Le mouvement se poursuit également en région avec des blocages nombreux en région Centre, à Chateauroux, Saint-Maur, Blois, Chateaudun ou Saran, où les CRS sont "à l'intérieur depuis trois jours", selon Pascal Sabourault, secrétaire interrégional FO.

A Nice, la situation est tendue. L'intersyndicale bloque à nouveau la maison d'arrêt. "Le directeur est passé menacer de sanctions disciplinaires huit responsables de l'Ufap-Unsa et CGT", a déclaré Johann Bataillé, responsable Ufap-Unsa.

Des dizaines de prison sont touchées à des degrés divers, allant du retard de la prise de service au blocage total: dans le Nord, les surveillants ont déposé les clés, et n'ouvrent pas les cellules des détenus, dans six établissements.

Plusieurs demandes de la part des gardiens

Mercredi, la tension est montée d'un cran avec l'administration pénitentiaire qui a demandé aux directeurs de prison d'appliquer désormais des sanctions contre les surveillants qui bloquent les prisons. 

"Si l'administration croyait que ça calmerait, ça n'a fait que mettre de l'huile sur le feu", a déclaré Thibault Capelle, délégué FO présent à Fleury-Mérogis. Quand les surveillants ont appris cette demande de sanctions, "ça leur a juste mis un peu plus la rage", a-t-il ajouté.

Face aux annonces de sanctions, les arrêts maladies se multiplient, ont relevé les syndicats comme les responsables pénitentiaires: des "absences" inhabituelles ont été constatées à Vendin-le-Vieil, en Aquitaine ou en Corse.

Les 28.000 gardiens de prison des 188 établissements français réclament notamment de meilleures conditions de sécurité, par exemple face aux détenus jihadistes ou radicalisés, des effectifs supplémentaires, et pour certains syndicats une revalorisation de leurs primes et une requalification de leur statut

L.A., avec AFP