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Plus de 1.500 postes vacants chez les surveillants pénitentiaires

Malgré une proposition du gouvernement de créer 1.100 postes de surveillants pénitentiaires, l'ex-garde des Sceaux Rachida Dati et plusieurs syndicats dénoncent un chiffre en-deçà des besoins de la profession.

Rachida Dati a dénoncé, sur RTL mercredi matin, la question des postes vacants parmi les surveillantes pénitentiaires après la proposition du gouvernement la semaine dernière de créer 1100 emplois sur quatre ans.

"J'ai été garde des Sceaux, moi aussi j'avais proposé des créations de postes, mais j'ai fait de l'indemnitaire, de l'augmentation des salaires. Parce qu'aujourd'hui, ça n'est pas attractif. Vous pouvez proposer 5 000 postes: vous ne les aurez pas", a-t-elle déclaré, réagissant notamment aux "1400 postes vacants" évoqués lors de l'interview.

"Ce sont les postes annoncés, donc ils ne seront pas plus pourvus", a critiqué Rachida Dati.

"Forcément, ce sont des chiffres qui fluctuent au vu des départs volontaires qui peuvent avoir lieu au cours de l'année, mais on est plus entre 1.500 et 1.800 (postes vacants), que les 1.400 de 2014", renchérit Christopher Dorangeville, secrétaire général du syndicat CGT Pénitentiaire, auprès de BFMTV.com. 

"On a plein de problématiques dans l'administration pénitentiaire, surtout dans la filière de surveillance, la première étant forcément les difficultés de recrutement qu'on peut avoir", confirme-t-il.

20% d'abandons entre la fin de l'école et les premières années en poste

Rien que pour passer le concours d'accès à l'Ecole nationale d'administration pénitentiaire, seulement 30% des personnes inscrites se présentent à l'examen écrit, affirme Christopher Dorangeville. Ensuite, entre l'entrée à l'école et les "3-4 premières années" en poste, il estime encore une diminution des effectifs de 20%.

Le syndicat FO Pénitentiaire met lui la barre beaucoup plus haut, en réclamant 2500 postes supplémentaires.

"Rien que sur la direction interrégionale de Paris, il manque déjà 500 postes (sur neuf directions interrégionales en comptant l'outre-mer, NDLR). Je vous laisse faire le calcul, on est loin des 1400", détaille Yoan Karar, secrétaire général adjoint du syndicat, joint par BFMTV.com.

"Les 2500 personnes supplémentaires, ce sera ni plus ni moins que pour combler les postes et remettre à flot les organigrammes tels qu'ils sont prévus à la base", affirme-t-il. "On a détricoté les organigrammes sur les postes, en fusionnant deux postes pour en faire qu'un, etc.", explique-t-il.

Ce mercredi, les blocages des prisons se poursuivaient partout en France pour la dixième journée. Le bras de fer continue entre les syndicats et la garde des Sceaux Nicole Belloubet.

Liv Audigane