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Pilote coincé hors du cockpit: "on entend qu'il essaie de défoncer la porte"

Germanwings: Un pilote était hors du cockpit avant le crash

Germanwings: Un pilote était hors du cockpit avant le crash - AFP

"Le type à l'extérieur frappe légèrement à la porte et il n'y a pas de réponse". Un des pilotes de l'Airbus de la compagnie Germanwings, qui s'est écrasé mardi dans les Alpes françaises, a quitté le cockpit et n'a pu y retourner avant la chute de l'avion, rapporte le New York Times mercredi, en citant des informations émanant d'un enregistreur de voix du cockpit.

L'un des deux pilotes de l'Airbus A320 qui s'est écrasé mardi dans les Alpes françaises, a quitté le cockpit et est resté bloqué à l'extérieur, selon les enregistrements sonores des boîtes noires récupérées par les enquêteurs, a indiqué au New York Times et à l'AFP une source proche de l'enquête. Le point sur ces premiers éléments d'enquête.

> Ce que l'on entend sur les boîtes noires

"Au début du vol, on entend l'équipage parler normalement puis on entend le bruit d'un des sièges qui recule, une porte qui s'ouvre et se referme", ont révélé les enregistrements des boîtes noires.

Puis, il y a eu "des bruits indiquant qu'on retape à la porte et il n'y a plus de conversation à ce moment-là jusqu'au crash".

La source du New York Times, "un responsable militaire" va plus loin: "Le type à l'extérieur frappe légèrement à la porte et il n'y a pas de réponse". "Alors ensuite, il frappe plus fort à la porte et pas de réponse. Il n'y a jamais de réponse."

"On peut entendre qu'il essaie de défoncer la porte", ajoute l'enquêteur au quotidien américain.

Avant le crash, les deux pilotes s'exprimaient en allemand. Et, à la fin du vol, les alarmes indiquant la proximité du sol retentissent. Pour l'heure, les enquêteurs ne sont pas en mesure de dire si c'est le commandant de bord ou le copilote qui a quitté la cabine de pilotage.

> Pourquoi un pilote est-il bloqué à l'extérieur?

Après les attentats du 11 septembre 2001, la protection du cockpit a été renforcée. L'ordre d'ouvrir le cockpit ne provient aujourd'hui que de l'intérieur par les pilotes. "L'intrusion est difficile, les postes de pilotage sont protégés par des portes blindées avec des codes", rappelait mercredi le pilote de ligne Alexandre Gries.

> D'où proviennent ses informations?

Selon le New York Times et l'AFP, ces informations proviennent de l'audition par les enquêteurs de la boîte noire enregistrant les sons dans le cockpit. Le cockpit voice recorder (CVR) a été retrouvé mardi quelques heures après l'accident et sa lecture a été effectuée mercredi en fin de journée.

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), chargé de décrypter la boîte noire, n'était pas en mesure d'infirmer ou confirmer ces informations.

> Qui sont les pilotes?

Germanwings a indiqué que le commandant de bord était très expérimenté: il avait plus de 10 ans d'expérience et plus de 6.000 heures de vol à son actif.

Une autre source proche du dossier a assuré que le copilote était entré "récemment dans la compagnie" allemande Germanwings (filiale de Lufthansa), "fin 2013 avec à son actif quelques centaines d'heures de vol". Une autre source évoque "300 heures de vol". Sa nationalité n'est par ailleurs pas connue avec précision, ont poursuivi ces sources proches du dossier.

> Les nouvelles hypothèses du drame

Mercredi, le BEA avait écarté la piste d'une explosion de l'avion en vol, indiquant que l'appareil avait volé jusqu'au bout. Dans le déroulement des faits, le dernier message radio au contrôle à Marseille a été enregistré à 10h30, le début de descente de l'appareil a commencé une minute plus tard et la dernière position radar a été enregistrée à 10h40, avait-il décrit. Pendant ces dix minutes, la trajectoire de l'avion a été rectiligne. Il est descendu à une vitesse modérée de 3.000 pieds par minute, quelque 1.000 mètres par minute, ce qui ne correspond ni à un avion en décrochage, ni à un avion en descente d'urgence avec une panne grave.

"Si les pilotes n'ont pas empêché l'avion d'aller s'écraser contre les montagnes, c'est que soit ils étaient inconscients ou morts, soit ils ont décidé de mourir, soit on les a obligés à mourir", avait résumé un expert aéronautique.

Parmi les hypothèses désormais envisageables, le cas du pilote aux commandes qui se suicide ou qui a conduit volontairement l'appareil au crash pour une cause inconnue. Nettement moins probable, celle du pilote qui aurait fait un malaise alors que son collègue n'était plus dans la cabine de pilotage, dans la mesure où il y a eu une action volontaire pour faire voler l'avion à une altitude plus basse menant droit sur la montagne.

> Des précédents de l'histoire aéronautique 

Dans l'histoire aéronautique, des précédents de pilotes qui se sont suicidés existent notamment fin 2013 lors du vol de la Mozambique Airlines qui s'est écrasé en Namibie, de Silk Air en 1997 et d'Egyptair en 1999 même si les autorités indonésiennes et égyptiennes ont contesté la conclusion de l'enquête.

L'A320 de la compagnie allemande Germanwings, filiale à bas coûts de Lufthansa, qui devait relier Barcelone en Espagne à Düsseldorf en Allemagne, s'est écrasé mardi dans le sud des Alpes avec 144 passagers à bord, en majorité allemands et espagnols, et six membres d'équipage.

https://twitter.com/helenefavier Hélène Favier Rédactrice en chef adjointe BFMTV