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Crash de l'A320 de Germanwings: quelles sont les pistes?

Les débris de l'avion Airbus A320 Germanwings crashé dans le Sud-Est de la France mardi

Les débris de l'avion Airbus A320 Germanwings crashé dans le Sud-Est de la France mardi - DENIS BOIS - GRIPMEDIA/AFPTV - AFP

"Toutes les hypothèses sont envisageables" pour expliquer le crash de l'A320 de Germanwings en France mardi mais la piste terroriste n'est "pas la piste privilégiée aujourd'hui". 

Panne technique, erreur de pilotage, acte terroriste, toutes les hypothèses sont envisagées pour expliquer l'accident d'un Airbus A320 de Germanwings, survenu mardi dans le sud-est de la France et qui a fait 150 morts. Une chose est certaine, l'équipage n'a pas émis de "mayday" et c'est le contrôle aérien qui a décidé de déclarer l'avion en détresse car le contact était rompu.

Mais alors que l'exploitation de la première boîte noire, celle qui enregistre les sons du cockpit, va débuter à Paris et que les enquêteurs vont mener un travail minutieux sur les débris et les corps, quelles sont les possibilités quand "les causes (du crash) sont toujours indéterminées", selon le procureur Brice Robin, qui a ouvert une enquête pour homicide involontaire.

> La piste terroriste: la piste n'est "pas privilégiée"

Ségolène Royal, ministre de tutelle des Transports, a affirmé mercredi sur RMC que "toutes les hypothèses (étaient) envisageables" pour expliquer l'accident, tout en assurant que la piste terroriste n'était "pas la piste privilégiée aujourd'hui". Si les débris sont concentrés sur une zone circonscrite, il est hautement improbable que l'accident soit la conséquence d'un attentat par explosion. Cela n'écarte pas pour autant la piste d'un déroutement d'avion qui se serait terminé par un crash.

Quant à une éventuelle intrusion dans le poste de pilotage, "rien ne peut être exclu à ce stade", indique le pilote de ligne Alexandre Gries. "L'intrusion est difficile, les postes de pilotage sont protégés par des portes blindées avec des codes, mais rien ne peut être exclu à ce stade", estime-t-il.

Et pour s'assurer que cette hypothèse n'est pas la bonne, les autorités espagnoles vérifient via les images vidéos de l'enregistrement des passagers et des bagages afin de s'assurer que rien ne soit suspect a posteriori.

> Un problème technique: une dépressurisation possible

Le problème technique, comme une panne informatique, reste l’hypothèse la plus probable. "Plusieurs scénarios sont envisageables: une dépressurisation de l'avion. (...) Si l'avion dépressurise pour un défaut de structure (fissure d'un hublot par exemple) ou une panne, il convient de descendre très rapidement pour retrouver une altitude à laquelle on peut respirer", explique Alexandre Gries, pilote sur A320, à BFMTV.

Autre hypothèse: "Des émanations de fumée en cabine, ou un feu à bord. Toutes ces situations amènent à devoir se poser rapidement, et donc à devoir descendre rapidement".

"Si les pilotes voulaient faire une descente d'urgence, ils auraient fait les gestes prévus à ce moment-là: d'abord changer de cap et sortir de sa trajectoire (ce qui n'a pas été le cas ici, NDR). Deuxièmement, la procédure exige que les pilotes préviennent le contrôle aérien qu'il s'agit d'une urgence absolue, et il faut communiquer pour prévenir les avions alentours. Ce qui est étrange, c'est que là, il n'y a eu aucune communication", a jugé Gérard Arnoux, commandant de Bord et président du “Comité de vieille de la sécurité du transport aérien” sur RMC

L'avion n'a pas piqué du nez, avec une descente de 3.000 pieds - minute, selon les premières données du vol. "Ce qui est très surprenant, c'est que sur une descente de 8 à 10 minutes, vous n'ayez aucun message de l'équipage", pointe Alexandre Gries.

> Un défaut: "Un avion de 30 ans n'est pas vieux"

Et alors que les conditions météo - ciel dégagé et peu de vent - étaient bonnes au moment du crash, l'ancienneté de l'avion a-t-il pu être un facteur de l'accident? Ce n'est pas l'âge de l'avion qui détermine son degré de fiabilité et de sécurité. D'autant plus que le changement des pièces est régulier et qu'il faut dissocier l'âge du fuselage de celui des pièces de sécurité principales.

"Un avion de 30 ans ce n’est pas vieux s’il est bien entretenu. C’est prévu pour ça, insiste le consultant aéronautique Gérard Feldzer sur BFMTV. Il y a des avions qui ont volé 40 ans et plus."

L'Airbus de Germanwings, construit en 1990 et contrôlé avec succès récemment avait subi une grande révision "à l'été 2013", a annoncé un dirigeant de la compagnie, Thomas Winkelmann.