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Crash de l'A320 Germanwings: les boîtes noires vont-elles parler?

L'une des deux boîtes noires retrouvée après la catastrophe.

L'une des deux boîtes noires retrouvée après la catastrophe. - BEA

L'exploitation des deux enregistreurs peut permettre de comprendre avec certitude les circonstances exactes de l'accident. Pour l'heure une seule boîte noire a été retrouvée et elle est "endommagée". Une conférence de presse sur le sujet aura lieu à 16h ce mercredi.

Une des deux boîtes boires de l'Airbus A320 de la compagnie Germanwings a été retrouvée dès mardi soir, quelques heures seulement après le crash survenu en haute montagne, entre Digne-les-Bains et Barcelonnette dans les Alpes-de-Haute-Provence. Bien qu'elle soit "endommagée", cette boîte noire est le scellé numéro 1 de l'enquête car, "exploitable", elle pourrait permettre de lever en partie le voile sur les circonstances du drame puisqu'il s'agit de celle qui enregistre les sons et les bruits dans le cockpit (CVR pour "cockpit voice recorder"). Or les pilotes n'ont pas eu le temps ou n'ont pas pu, pour une raison encore inexpliquée, se déclarer en détresse alors que la chute a duré près de 10 minutes.

Le Bureau d'enquête et d'analyses (BEA) donnera "des éléments sur l'exploitation lors d'un point presse à 16h" ce mercredi, a annoncé sur BFMTV la ministre Ségolène Royal. De premiers éléments "espérés" en fin d'après-midi, a confirmé le procureur de Marseille Brice Robin. 

Le rôle du CVR est de conserver toutes les données audio du poste de pilotage. "On va obtenir des réponses, juge Christophe Naudin, criminologue spécialiste de la sûreté aérienne sur BFMTV. Soit l'équipage n'était plus en fonction et on va entendre les alarmes retentir seules, soit on va entendre les conversations du cockpit des deux dernières heures avant le crash".

Une analyse acoustique poussée permettrait aussi de connaître par exemple le régime des moteurs.

Dans quel état sont les boîtes noires?

Mais la question reste de savoir "si les boîtes noires ont été suffisamment protégées pour être lisibles" après un crash à près de 700 kilomètres heures, nuance l'ancien pilote Jean Serrat.

Mais seule l'exploitation des deux enregistreurs permettra de comprendre avec certitude les circonstances exactes de l'accident. En effet, chaque avion possède deux enregistreurs de vols, placés à l’arrière de l’appareil, la zone la plus résistante aux crashes. Outre la CVR, les enquêteurs cherchent donc depuis l'aube ce mercredi le flight data recorder (FDR) qui enregistre seconde par seconde, sur une durée de 25 heures, tous les paramètres du vol: vitesse, altitude, régime des moteurs.

La combinaison de ces données devrait permettre d’éclaircir le scenario de l’accident. Et l’exploitation du "scellé numéro 1" devrait commencer dès ce matin puisqu'il a été transféré à Paris, au BEA, le Bureau d'enquêtes et d'analyses. Le décryptage peut durer de quelques heures à plusieurs semaines en fonction de son état.

Samuel Auffray et Rym Bey