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"On l'aimait bien": de nombreux anonymes assistent chaque jour au procès Balkany

Patrick Balkany lors de la première semaine de son procès pour fraude fiscale.

Patrick Balkany lors de la première semaine de son procès pour fraude fiscale. - AFP

Pendant une semaine, de nombreux anonymes ont assisté au procès Balkany dans la salle d'audience du tribunal de grande instance de Paris. Les débats, qui se poursuivent encore cinq semaines, vont désormais se porter sur le volet blanchiment de fraude fiscale aggravée et corruption.

C'est un nouveau round judiciaire qui s'ouvre ce lundi devant la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Patrick Balkany, son épouse Isabelle et quatre autres prévenus, dont le fils du couple, sont attendus devant la cour pour répondre des faits de "blanchiment de fraude fiscale aggravée" et de "corruption passive", notamment. Si face à eux se tiennent le juge Blanchet et ses deux assesseurs, c'est une autre présence qui se fait remarquer, derrière eux, sur les bancs de la salle: celle de nombreux anonymes.

Depuis le début du procès qui a commencé lundi dernier, et qui s'est achevé par un réquisitoire sévère, un important public, principalement composé de chevelures grisonnantes, assiste aux débats. "C'est la curiosité qui me fait venir, ça m'arrive de temps en temps d'assister à des procès", confie Jean-Pierre*. Costume impeccable bleu marine, chemise blanche parfaitement repassée, cravate, et sacoche à l'épaule, ce retraité est présent chaque jour, et viendra pendant les six semaines de procès. Finalement peu de Levalloisiens, mais beaucoup de curieux.

Un réquisitoire "sévère"

Installés sur les bancs à l'arrière de la salle d'audience, Jean-Pierre et les badauds ne perdent pas une miette de ce qu'ils entendent. Mercredi, lors de l'audition de Patrick Balkany, le président du tribunal a dû réclamer le silence. "On n'est pas au spectacle", a-t-il grondé à l'attention d'un public hilare face à un Patrick Balkany ironisant sur sa relation avec l'administration fiscale.

"Si tous les mauvais payeurs payaient autant que moi, on n'aurait plus de problèmes en France!", avait lancé l'élu. La plaidoirie de son avocat, Me Dupond-Moretti a également été suivie avec attention.

Alors à l'heure des réquisitions, nombreux ont pu se faire leur avis, et sont moins sévères que le procureur du parquet national financier. "C'est énorme", tranche Jean-Pierre au sujet des 4 ans de prison requis à l'encontre du maire de Levallois-Perret. "Il a fait d'autres choses qui sont bien." Un couple de retraités venu de Nancy et qui tenait absolument à être présent, partagent ce sentiment. "Ça nous attriste, on aimait bien M. Balkany, on l'admirait, c'était un battant", explique Chantal. "C'est lui aujourd'hui, demain ce sera une autre personne, et il y en aura d'autres", abonde son mari Daniel, impressionné par le nouveau palais de justice.

De ce public âgé, on sent presque de l'identification à Patrick Balkany, 70 ans, 71 dans un mois: "C'est moche de finir comme ça, il est comme nous, sa vie est derrière. Ça lui a donné quoi d'avoir une maison à Marrakech ou 11 chambres dans son moulin?", interroge la retraitée.

* Le prénom a été changé

Justine Chevalier