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Patrick Balkany face aux juges au 3e jour de son procès

Isabelle et Patrick Balkany.

Isabelle et Patrick Balkany. - AFP

Patrick Balkany est attendu ce mercredi après-midi par le tribunal correctionnel de Paris pour s'expliquer sur la fraude fiscale dont il est soupçonné avec son épouse. Minoration de ses revenus, non-paiement de l'ISF, le maire de Levallois-Perret est bien décidé à s'exprimer.

Mardi en toute fin d'audience, l'animal politique s'est réveillé. Après avoir écouté attentivement la lecture des faits qui lui sont reprochés, Patrick Balkany s'est levé et s'est présenté à la barre pour une déclaration liminaire. A la question de savoir s'il ferait valoir son droit au silence, de sa voix rauque, le maire de Balkany a tonné: "Certainement pas! près tout ce que j'ai entendu...".

La justice va attendre 13h30 ce mercredi pour avoir confirmation de cette volonté de s'expliquer. Patrick Balkany a-t-il minoré ses revenus entre 2009 et 2014? Le maire de Levallois-Perret s'est-il volontairement soustrait au paiement de l'ISF entre 2010 et 2016? Idem pour la contribution exceptionnelle sur la fortune? "Il y a une discordance supposée entre les revenus déclarés et le train de vie" des époux Balkany, avait noté l'administration fiscale de l'Eure dans sa plainte de juin 2015.

Le couple encourt jusqu'à 7 ans de prison

L'audience de la veille a en effet porté sur les habitudes de Patrick et Isabelle Balkany. Le président du tribunal a lu, d'une voix monocorde pendant près de deux heures, une série de chiffres tendant à prouver que les revenus du couple étaient bien supérieurs à ceux qu'ils ont bien voulu déclarer. Entre 2011 et 2014, les rémunérations cumulées de leurs employés de maison dépassent d'ailleurs les revenus que les époux Balkany ont transmis à l'administration fiscale.

L'enquête de plusieurs années a d'ailleurs dû déterminer le véritable domicile des époux Balkany, alors que ce dernier l'établissait à sa permanence électorale depuis une brève séparation du couple au milieu des années 1990. La réalité est tout autre puisque les époux vivent au moulin de Cossy, à Giverny, cette propriété de près de 1.300 m² avec piscine et terrain de tennis. Les commerçants aux alentours ont raconté aux policiers les frais de pressing payé en liquide, ou ce jour où sept billets de 500 euros ont été retrouvés dans le costume du maire. Isabelle Balkany payait tous ses achats en grosse coupure.

Les employés de maison ont eux évoqué les 8000 euros d'"argent de poche" sur la table de chevet de Patrick Balkany, le liquide dans la coiffeuse d'Isabelle Balkany ou le coffre-fort rempli de liasses de billets. De l'argent qui viendrait d'un héritage familial, selon le couple, mais placé sur des comptes à l'étranger. L'étranger qui sera évoqué également aujourd'hui avec la villa Pamplemousse à Saint-Martin et le riad à Marrakech. Isabelle Balkany a reconnu pendant l'enquête être propriétaire de la première, le couple nie toujours pour la villa au Maroc. Un couple qui encourt 7 ans de prison et 3 millions d'euros d'amende s'il était reconnu coupable de fraude fiscale aggravée.

Justine Chevalier