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Nicolas Sarkozy condamné: la droite abasourdie

Nicolas Sarkozy a été condamné, ainsi que ses coaccusés, ce lundi à la mi-journée dans le procès dit des écoutes pour corruption et trafic d'influence par le Tribunal correctionnel de Paris. Il écope de trois ans de prison dont un ferme. La classe politique a aussitôt réagi.

Trois ans de prison dont un ferme. Le Tribunal correctionnel de Paris a rendu son jugement concernant Nicolas Sarkozy ce lundi à la mi-journée dans le procès dit des écoutes. Ses deux coaccusés, son avocat Thierry Herzog et Gilbert Azibert, écopent de la même peine, assortie pour le premier de cinq ans d'interdiction de la profession d'avocat. Ce jugement - de première instance - a suscité un vaste émoi dans la classe politique, à commencer par la droite.

LR s'en prend au PNF

Chez Les Républicains, ce n'est peut-être pas une surprise mais c'est tout de même la stupeur. Le président du parti Christian Jacob a ainsi tweeté: "Soutien indéfectible à Nicolas Sarkozy. La sévérité de la peine retenue est absolument disproportionnée et révélatrice de l’acharnement judiciaire d’une institution déjà très contestée. Toute la lumière devra être faite sur les méthodes et l’indépendance du PNF."

Le parquet national financier est sur toutes les lèvres à droite. Comme le montrent l'intervention de la députée élue dans les Bouches-du-Rhône, Valérie Boyer, sur BFMTV, quelques instants après l'énoncé du jugement:

"Le PNF a condamné très lourdement jusqu'ici, et empêche en fait d'accéder à la vie politique deux grandes personnalités de la droite: François Fillon (...) et Nicolas Sarkozy. Et je note que Nicolas Sarkozy se trouve privé de sa défense dans le procès Bygmalion à venir." Ce dernier commentaire fait référence à l'interdiction d'exercer signifiée à Thierry Herzog. Le Parquet national financier n'a cependant pas condamné les accusés, il a mené l'enquête puis exercé le ministère public lors de cette affaire.

Eric Ciotti, député élu dans les Alpes-Maritimes et qui fut proche à la fois de Nicolas Sarkozy et de François Fillon, a écrit: "Plus que jamais amitié et fidélité au président Nicolas Sarkozy. Soutien indéfectible dans cette épreuve qui ne constitue qu’une étape dans un parcours judiciaire qui est loin d’être terminé".

Le Vendéen et président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, a lui publié: "Une condamnation extrêmement dure dans un dossier particulièrement faible. Petit rappel: il y a un droit à la présomption d'innocence tant que les voies de recours n’ont pas été purgées".

Renaud Muselier, président LR du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, a voulu témoigner de son amitié à l'ex-président de la République sur Twitter: "J’adresse au Président Nicolas Sarkozy mon soutien, mon amitié, ma confiance et mon profond respect. Malgré ce jugement de première instance, et après sept ans de procédure, le travail de la justice n’est pas terminé".

Dupont-Aignan et Collard s'interrogent

En faisant un pas supplémentaire à droite, on trouve d'autres soutiens pour l'ancien chef de l'Etat, moins attendus. "Eclatant deux poids deux mesures avec la condamnation de Nicolas Sarkozy: quand la justice sera-t-elle aussi sévère avec les délinquants qui trafiquent de la drogue et agressent nos policiers?", a tweeté le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan.

Le député européen Gilbert Collard, émargeant au Rassemblement national, et avocat, a pour sa part lancé: "Dieu sait que je ne suis pas un fan de Sarkozy, mais cette condamnation est pour moi juridiquement incompréhensible. Attendons la cour d'appel..."

Sébastien Chenu, député élu dans le Nord pour le Rassemblement national, a même émis l'idée d'une justice ayant voulu "régler un compte politique avec Nicolas Sarkozy" sur BFMTV.

La gauche appuie la décision de justice

Le ton et le registre sont bien différents à gauche. Le maire écologiste de Grenoble Eric Piolle s'est contenté d'exhumer une citation de Nicolas Sarkozy, dont les échos ne sont pas très heureux pour sa situation présente: "Il faut que les peines soient exécutées. La non-exécution des peines, c'est l'impunité".

Son confrère d'Europe Ecologie-Les Verts, Julien Bayou, a lui commenté: "On reconnaît une démocratie à sa capacité à juger ses dirigeant-es. Après, Chirac, Sarkozy condamné, et la clique Gueant, Balkany et Cie. La corruption mine notre pacte démocratique et coûte des milliards chaque année".

Thomas Portes, porte-parole de Génération.s, a tweeté: "Après des années d'impunité, la justice rappelle à Nicolas Sarkozy que personne n'est au dessus des lois. Reconnu coupable de corruption et de trafic d'influence dans l'affaire des 'écoutes', il est condamné à 3 ans de prison dont 2 ans avec sursis."

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV