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Police-Justice

Nice: 6 mois après l'attentat, le malaise des policiers municipaux

TEMOIGNAGE - Un policier niçois dénonce, à visage couvert, le ras-le-bol qui règne dans les rangs de la police municipale.

"Au lieu de remonter la pente, on descend de plus en plus bas." Ils ont été aux premières loges ce 14 juillet sur la promenade des Anglais, et comme la plupart des témoins de l’attentat, ils souffrent de traumatismes psychologiques. Aujourd'hui, 6 mois après les faits, les policiers municipaux de Nice ont le sentiment d’être abandonnés par la municipalité. L’un d’entre eux témoigne pour BFMTV, à visage couvert, car il risque la révocation pour ses propos.

"Il y a un gros ras-le-bol de la police municipale", dénonce-t-il. "Les agents qui osent dire le mal-être dans la police municipale sont menacés, ils sont insultés, ils subissent des pressions".

Sanctions et horaires

La réorganisation du temps de travail et des sanctions prononcées contre plusieurs agents sont à l'origine de leur colère. Les horaires exigés les empêchent de voir leur famille, assure encore le policier municipal. "La famille, c'est ce qui les aide à tenir le coup aujourd'hui". Enfin, "ces familles-là sont aussi celles qui ont été touchées lors du 14-juillet".

Les policiers municipaux niçois sont donc remontés contre leur direction, et à l'instar de la police nationale, qui a exprimé son malaise en octobre dernier, ils ont tourné le dos en signe de désapprobation.

"Ils assurent leur mission tous les jours avec beaucoup de volonté et beaucoup de professionnalisme, et ils ont le sentiment qu'on leur en demande toujours plus", affirme Elodie Roux, du syndicat Force Ouvrière de la mairie de Nice.

Préavis de grève

Mais pour la municipalité, cette réforme apparaît obligatoire, six mois après l'attentat. L'objectif est de multiplier les patrouilles sur le terrain. Elle se dit cependant ouverte au dialogue avec le personnel récalcitrant. "Je comprends très bien la situation de certains agents qui sont divorcés, qui ont des gardes d'enfants alternées, assure le directeur de la police municipale Jean Michel Truglio. C'est vrai qu'il faut revoir tout ça, il faut les accompagner".

Pour l'instant, aucun accord n'a été trouvé. Un préavis de grève a même été déposé, ce qui est une première dans l'histoire de la police municipale niçoise.

M. R. avec Benoît Ruiz