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Mort de Cédric Chouviat: sa famille demande à Macron la suspension des policiers

Doria Chouviat (centre), veuve de Cédric Chouviat, lors d'un point de presse à Paris le 23 juin 2020

Doria Chouviat (centre), veuve de Cédric Chouviat, lors d'un point de presse à Paris le 23 juin 2020 - BERTRAND GUAY © 2019 AFP

Après la mise en examen de quatre policiers présents lors de l'interpellation de Cédric Chouviat, les avocats de la famille demandent au chef de l'Etat d'intervenir.

La famille de Cédric Chouviat, mort en janvier à Paris lors d'un contrôle routier houleux, a écrit ce vendredi à Emmanuel Macron pour lui demander d'intervenir afin que les policiers récemment mis en cause dans l'enquête sur le décès du livreur soient suspendus, ont fait savoir ses avocats.
Cette lettre a été adressée au président de la République, quelques jours après la révélation par Libération et Mediapart d'une note de synthèse de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), qui estimait que l'un des policiers avait pratiqué sur le livreur un "étranglement arrière" qui n'avait pas été mentionné par les agents dans leurs premières déclarations.

Demande de suspension des policiers

Cédric Chouviat, un père de famille de 42 ans, a eu un malaise lors de ce contrôle policier le 3 janvier près de la Tour Eiffel, au cours duquel il a été plaqué au sol avec son casque sur la tête. Transporté dans un état critique à l'hôpital, il est mort le 5 janvier. Un premier rapport d'autopsie avait noté chez cet homme une asphyxie avec "fracture du larynx" ainsi qu'"un état cardiovasculaire antérieur".
Dans ce courrier, Mes William Bourdon, Arié Alimi et Vincent Brengarth, qui défendent la famille du livreur, demandent au chef de l'Etat "d'intervenir pour que les policiers concernés soient suspendus", une demande déjà formulée à de multiples reprises par voie de presse.

"Il ne s'agit pas (...) de porter atteinte à la présomption d'innocence mais, de manière préventive, prendre une mesure à l'égard de fonctionnaires qui, de manière certaine, sont allés au-delà de l'exercice de leurs fonctions en étant à l'origine du décès", expliquent-ils.

Ouverture d'un débat public

Trois policiers ont été mis en examen pour "homicide involontaire" début juillet et placés sous contrôle judiciaire. Une quatrième membre de l'équipage, qui a filmé la scène de l'arrestation, a pour sa part été placée sous le statut de témoin assisté.
Les avocats rappellent par ailleurs que la famille avait été reçue par le ministre de l'Intérieur de l'époque Christophe Castaner qui avait annoncé "une étude d'évaluation de l'ensemble des techniques d'immobilisation".

Or, "nous n'avons toujours pas eu connaissance de l'étude d'évaluation", observent-ils.

La famille Chouviat voudrait que ce décès "soit à l'origine d'un débat public indispensable sur certaines méthodes policières", selon les trois conseils. Le 8 juin, le ministre de l'Intérieur a annoncé l'abandon futur de la technique de la clé d'étranglement, mais elle reste autorisée en attendant la définition d'une méthode alternative. Son successeur Gérald Darmanin n'est pas revenu sur cette annonce.

B.F. avec AFP