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Millas: la conductrice du car mise en examen pour homicides et blessures involontaires par imprudence

La conductrice du car scolaire rentré en collision avec un TER, jeudi, près de Millas (Pyrénées-Orientales), a été mise en examen pour homicides involontaires et blessures involontaires par imprudence.

Six jours après la collision entre un TER et un bus scolaire, qui a fait six morts, la conductrice du car a été mise en examen mercredi 20 décembre pour homicides involontaires et blessures involontaires par imprudence après son audition par deux magistrats instructeurs a annoncé son avocat à BFMTV.

Conformément aux réquisitions du parquet, elle a été "placée sous contrôle judiciaire avec notamment l'interdiction de conduire", a précisé à l'AFP le procureur de la République de Marseille Xavier Tarabeux.

La conductrice "effondrée et dans une grande détresse" 

Cette quadragénaire, mère de famille, est sortie mercredi soir du palais de justice de Perpignan, après y avoir été entendue par deux magistrats instructeurs du pôle accidents collectifs de Marseille. Entendue quelques minutes par les juges, elle a été hospitalisée après sa sortie "car son état de santé nécessite des soins importants", a précisé son avocat Me Jean Codognès, la décrivant comme "effondrée et dans une grande détresse", outre ses blessures physiques dues à l'accident.

À 16h03, le 14 décembre, son car de ramassage scolaire, avec à son bord 23 collégiens, avait été percuté à un passage à niveau à Millas par un TER qui roulait à 75 km/h, en dessous de la vitesse autorisée de 100 km/h. 

Selon l'analyse du tachygraphe, le véhicule qui débouchait d'un virage avançait lui à 12km/h. Sous la violence du choc, il a été coupé en deux.

Les barrières du passage à niveau levées?

Hormis les six décès, le pronostic vital de cinq enfants reste engagé. C'est l'un des accidents les plus graves pour des véhicules transportant des enfants depuis la catastrophe de Beaune en 1982 (53 morts, dont 44 enfants).

Sur le plan judiciaire, la conductrice, à qui la justice reproche "des homicides et blessures involontaires par imprudence" selon son avocat, conteste les faits tels qu'ils lui ont été présentés et maintient avoir vu les barrières du passage à niveau levées.

Un cabinet d'expertise spécialisé

Sa version contredit les premières "constatations matérielles" dont avait fait état le procureur de Marseille, "plutôt dans le sens d'une barrière (du passage à niveau) fermée". Tout comme les témoignages du conducteur du TER et des chauffeurs des véhicules qui se trouvaient de l'autre côté de la voie. 

"Il arrive souvent" dans ce genre de procédure "qu'il y ait des rebondissements et des mises en examen d'autres personnes", a fait valoir l'avocat, précisant avoir "engagé un cabinet d'expertise spécialisé".

M.P avec AFP