BFMTV

Main arrachée d'un gilet jaune: Castaner annonce l'ouverture d'une enquête

Christophe Castaner

Christophe Castaner - AFP

Un manifestant présent dans le cortège parisien du 13e samedi de mobilisation des gilets jaunes a perdu la main en tentant de ramasser une grenade de désencerclement, aux abords de l'Assemblée nationale.

Le manifestant qui a eu une main arrachée samedi à Paris, lors du 13e jour de mobilisation nationale des gilets jaunes, a été opéré en urgence. Une enquête a par ailleurs été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes du douloureux accident, a annoncé ce dimanche le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

"L'opération a été longue ce matin, c'est un travail méticuleux, c'est une blessure grave que je regrette", a-t-il déclaré sur l'émission Questions politiques, diffusée sur France Inter et franceinfo. "On a déclenché immédiatement une enquête judiciaire pour comprendre ce qu'il s'est passé", a-t-il ajouté. De son côté, le parquet de Paris a indiqué avoir ouvert samedi une enquête en recherche des causes des blessures graves.

"Il a voulu mettre un coup de main dedans"

Le manifestant présent dans le cortège parisien des gilets jaunes a eu une main arrachée samedi à la mi-journée à Paris, près de l'Assemblée nationale, où de vives tensions ont eu lieu.

Selon un témoin, le manifestant "a reçu une grenade de désencerclement au niveau de son mollet, il a voulu mettre un coup de main dedans pour ne pas qu'elle explose vers sa jambe et elle a pété quand il l'a touchée".

Christophe Castaner a expliqué qu'"il y a eu une attaque contre le fronton de l'Assemblée nationale, des gens voulaient rentrer dans l'Assemblée nationale, les gendarmes se sont retrouvés encerclés face à une foule très hostile et ils ont voulu se désencercler". "Un manifestant (...) a voulu prendre dans la main cette grenade et elle a explosé", a-t-il ajouté.

133 enquêtes menées par l'IGPN

Le ministre a par ailleurs souligné que 133 enquêtes judiciaires étaient actuellement menées par l'inspection générale de la police nationale (IGPN), allant "de blessures graves (...) à l'insulte simple".

Il a aussi évoqué les violences qui ont émaillé le 13 samedi des gilets jaunes samedi à Paris, estimant que "depuis quelques années, l'ultra-violence rentre dans nos manifestations".

"Mouvance anarcho-libertaire"

"La quasi totalité des distributeurs de billets des banques du parcours de la manifestation d'hier ont été détruits mais aussi du mobilier urbain et des voitures souvent de luxe: c'est très classique de l'ultragauche", a-t-il dit. En effet, une Porsche a été incendiée ainsi qu'un véhicule de la mission vigipirate à deux pas de la Tour Eiffel.

D'après le ministre, "c'est la même personne" qui a incendié les deux véhicules, "quelqu'un qui est bien identifié et vient de la mouvance anarcho-libertaire". "Il est actuellement en garde à vue", a-t-il ajouté.

Samedi, 45 personnes ont été interpellées à Paris en marge des manifestations et 42 ont été placées en garde à vue, selon les autorités.

Jules Pecnard avec AFP