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Libye: non-lieu après la plainte pour faux de Sarkozy contre Mediapart

Nicolas Sarkozy avait porté plainte pour faux contre Mediapart (photo d'illustration)

Nicolas Sarkozy avait porté plainte pour faux contre Mediapart (photo d'illustration) - Xavier Leoty - AFP

Les juges ont rendu un non-lieu après la plainte de Nicolas Sarkozy pour faux contre Mediapart. L'ancien président remettait en cause l'authenticité d'un document fourni par le site d'investigation sur les soupçons de financement de sa campagne de 2007 par le régime libyen, mené à l'époque par Mouammar Kadhafi.

C'est une question au coeur de nombreux débats depuis près de quatre ans. Et la justice vient de trancher. Le document diffusé par Mediapart, censé prouver que Nicolas Sarkozy a bénéficié d'un financement libyen de sa campagne de 2007, n'est pas un faux selon les juges qui ont rendu un non-lieu.

L'ancien président avait porté plainte pour faux contre Mediapart mais pour les juges "indépendamment de son contenu", il n'a pas pu être démontré qu'il s'agit d'"un support fabriqué par montage" ou "altéré par des falsifications", indique une source proche de l'enquête. Nicolas Sarkozy, qui est partie civile, a la possibilité de faire appel du non-lieu.

Un document publié en 2012

D'après Mediapart, le document a subi une "expertise informatique", ainsi que des vérifications de dates, vocabulaire, typographie et d'illustration. Le site d'investigation regrette qu'il "aura fallu quatre années à la justice française pour donner acte à des journalistes du sérieux de leur travail". 

Le document avait été publié le 28 avril 2012 par Mediapart, en plein entre-deux-tours de la présidentielle. Attribué à Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignement extérieur de la Libye, aujourd'hui en exil, il affirmait que Tripoli avait accepté de financer pour "50 millions d'euros" la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy.

Le lendemain, Moussa Koussa, interrogé par l'AFP sur cette note, indiquait que "toutes ces histoires sont falsifiées". Il a été entendu comme témoin dans l'enquête, au Qatar en août 2014, et s'est montré plus ambigu, en affirmant notamment que "le contenu n'est pas faux mais la signature est fausse".

L'enquête ne portait pas "sur la réalité des faits"

Dans leur ordonnance, les juges soulignent que les investigations n'ont pas porté "sur la réalité ou la fausseté des faits dont ce document était censé établir l'existence, c'est-à-dire un financement allégué de la campagne électorale de 2007 de Nicolas Sarkozy par la Libye".

Une information judiciaire distincte est toujours en cours sur ces accusations. Depuis avril 2013, les juges du parquet financier enquêtent sur ces accusations de financement de la campagne de 2007 par le régime libyen. 

M.L. avec AFP