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La colère du père de Fiona après le renvoi du procès en janvier

Nicolas Chafoulais, le père de Fiona.

Nicolas Chafoulais, le père de Fiona. - Thierry Zoccolin - AFP

Lundi, la défense a obtenu de la cour d'assises de la Haute-Loire le renvoi du procès en appel de Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, et de Berkane Makhlouf, son ex-compagnon. Ils étaient jugés depuis le 9 octobre pour coups mortels.

Il ne cache pas sa colère et son dégoût. Nicolas Chafoulais, le père de Fiona, ne comprend pas la décision de la justice. Lundi, les avocats de la défense ont obtenu de la cour d'assises de la Haute-Loire le renvoi du procès en appel de Cécile Bourgeon, la mère de la fillette disparue en mai 2013, et de Berkane Makhlouf, son ex-compagnon. Les deux accusés, qui étaient jugés en appel en janvier prochain, reviendront devant le tribunal en janvier prochain.

"Pour une poignée d’avocats on préfère tout étouffer et ne pas risquer d’entacher leur carrière", scande sur BFMTV Nicolas Chafoulais.

"Manipulation"

Le procès en appel de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf a connu un tournant vendredi dernier quand Mes Renaud Portejoie et Mohamed Khanifar, respectivement avocat des deux accusés, ont quitté la salle du palais de justice estimant que leur "probité" avait été "mise en cause" par l'avocate des parties civiles, Me Marie Grimaud. Cette dernière venait de rappeler lors de l'audition d'un témoin, ami du couple, que ce dernier avait été assisté par Me Khanifar au début de l'affaire. Elle laissait entendre que l'avocat aurait pu orienter ses déclarations.

Les deux confrères s'étaient estimés accusés de "subornation de témoin et de collusion". "Pour moi c’est juste des caprices d’avocats. Les avocats sont les marionnettistes et tout le reste de la population sont des pantins", se désole le père de Fiona parlant de "manipulation" de la justice par des avocats "à qui on passe tout dans la région". "On préfère ne pas entacher la carrière de juristes imminents que de savoir la vérité sur ce qui s’est passé pour ma fille", poursuit Nicolas Chafoulais.

Avant d'ajouter: "Ca me conforte juste dans l’idée que ça ne devrait pas être jugé en Auvergne, ni dans les départements alentours." Un dépaysement de l'affaire qui avait été refusé en janvier dernier.

"Ca me pose un problème"

Le 12 mai 2013, Cécile Bourgeon avait signalé la disparition de sa fille dans un parc de Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme. Après quelques mois d'enquête, la mère de l'enfant et son compagnon de l'époque craquent: FIona est morte sous les coups des amants qui ont caché le corps. Un corps qui n'a toujours pas été retrouvé. "Il ne faut quand même pas oublier le seul but qu’il y a dans ce procès: c’est de savoir où est ma fille, de savoir ce qu’ils lui ont fait et surtout où elle est", s'agace Nicolas Chafoulais.

Lors du procès en première instance, les accusés avaient livré un récit glaçant de la tragique nuit où Fiona est morte. Le couple s'accuse mutuellement être l'auteur des coups qui ont conduit au drame. "Aujourd’hui on sait une chose, c’est qu’ils l’ont laissée agoniser et qu’ils sont partis l’enterrer, accuse le père de Fiona. Si aujourd’hui ça ne pose problème à personne, moi ça m’en pose un. Si le but de la défense, c’est que j’abandonne, ils ne savent sur quel têtu ils sont tombés."

J.C; avec Florent Bonnard