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L'assaillant de Marseille remis en liberté à Lyon, Collomb saisit l'IGA

Des fleurs déposées le 2 octobre 2017 devant la gare Saint-Charles de Marseille en hommage aux deux victimes de l'attaque

Des fleurs déposées le 2 octobre 2017 devant la gare Saint-Charles de Marseille en hommage aux deux victimes de l'attaque - Boris Horvat-AFP

Le ministre de l'Intérieur a saisi l'Inspection générale de l'administration afin de comprendre pourquoi l'homme qui a tué deux jeunes femmes à Marseille a été remis en liberté. Il avait été arrêté deux jours plus tôt.

Gérard Collomb a saisi ce lundi l'Inspection générale de l'administration (IGA) pour déterminer les circonstances dans lesquelles l'auteur de l'attaque survenue dimanche à Marseille avait été remis en liberté la veille à Lyon, où il avait été placé en garde à vue, a annoncé l'Intérieur.

"Cette décision vise à faire toute la lumière sur l'action des services de l'État et à être en mesure d'en tirer, si nécessaire, les enseignements", a précisé le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

Un problème de procédure

L'homme qui a tué deux femmes à la gare Saint-Charles, un ressortissant étranger en situation irrégulière dont l'identité est en cours de vérification, n'a pas pu être placé en centre de rétention après son arrestation pour vol le vendredi précédent à Lyon car la préfecture du Rhône n'avait pas donné son feu vert, selon des sources proches de l'enquête.

"La personne de permanence à la préfecture du Rhône, ayant autorité pour signer l'Obligation de quitter le territoire (OQTF) et le placement en centre de rétention de l'assaillant de Marseille, était absente", ce qui a empêché la procédure d'arriver à son terme, a expliqué une de ces sources.

"Il y avait aussi un problème de disponibilité de place en rétention le samedi matin", a fait valoir de son côté une source proche du dossier, confirmant une information du Parisien.

Arrêté pour un vol à l'étalage

Le maire LR de Marseille, Jean-Claude Gaudin, s'est pour sa part dit "surpris" que l'auteur de l'attaque ait été relâché après avoir été interpellé. "Ce qui nous surprend c'est que comme il était en état de situation irrégulière, on ne l'ait pas gardé", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. 

Connu depuis 2005 par les services de police sous sept identités différentes pour des délits de droit commun, le meurtrier, détenteur d'un passeport tunisien et en situation irrégulière, avait été interpellé pour vol à l'étalage, a annoncé ce lundi François Molins, le procureur de la République de Paris. Sa garde à vue avait été levée après le classement de la procédure "pour cause d'infraction insuffisamment caractérisée" et "les autorités préfectorales locales n'ont pas été en mesure de prendre une mesure d'éloignement à son encontre", a ajouté François Molins.

C.H.A. avec AFP