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Attaque à Marseille: les deux victimes, âgées de 20 ans, étaient cousines

Un policier devant la gare Saint-Charles, à Marseille, le 1er octobre 2017.

Un policier devant la gare Saint-Charles, à Marseille, le 1er octobre 2017. - BERTRAND LANGLOIS / AFP

L'assaillant abattu dimanche à la gare de Marseille après l'attaque au couteau qui a fait deux morts était connu sous huit pseudos différents. Une enquête a été ouverte, mais le caractère terroriste reste à confirmer.

Au lendemain de l'attaque au couteau qui a fait deux morts à la gare Saint-Charles de Marseille, de nombreuses questions restent en suspend mais de nouveaux éléments apparaissent progressivement. Un homme a tué deux femmes d'une même famille avant d'être abattu par des militaires de l'Opération Sentinelle. Le point sur les éléments de l'enquête.

Le déroulé des faits

Les faits ont eu lieu dans la gare peu après 13 heures dimanche. Comme l'ont montré les images de vidéosurveillance et l'a précisé à la mi-journée le procureur de la République de Paris, l'assaillant a d'abord fait une première victime, puis s'est mis à courir, avant de revenir sur ses pas et de s'en prendre à une deuxième personne. Une passante a alors tenté de s'interposer, en vain.

Il "commence par commettre (son) crime sur une première personne, s'enfuit, puis revient sur ses pas pour tuer la seconde personne". "C'est un élément d'interrogation", a souligné le ministre de l'Intérieur. Après avoir poignardé la deuxième personne, l'homme s'est mis à courir vers les militaires de Sentinelle qui se dirigeaient vers lui. Il a été abattu après des sommations. Comme l'a précisé François Molins, il a crié Allahou akbar au moment de commettre les deux crimes, et une troisième fois quand il a foncé en direction des militaires. 

Le caractère terroriste reste à confirmer

Les faits "pourraient être de nature terroriste", comme l'a précisé le ministre de l'Intérieur, mais cet élément reste pour l'heure à confirmer. Dimanche, l'attaque a été revendiquée par Daesh via son agence de propagande.

  • Une enquête ouverte

La section antiterroriste du parquet de Paris a été saisie et une enquête en flagrance a été ouverte. Elle porte sur des faits d'"assassinats en relation avec une entreprise terroriste", de "tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste" et d'"association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Les victimes étaient deux cousines de 20 ans

D'après nos informations, les deux jeunes femmes tuées étaient de la même famille: âgées de 20 ans, et non 17 et 21 ans comme l'indiquaient les premiers éléments de l'enquête, étaient cousines. L'une était étudiante en médecine à Marseille, l'autre était élève infirmière à Lyon et originaire de Rilleux-la-Pape, dans la banlieue lyonnaise. Cette dernière était venue passer le week-end à Marseille, où elle venait de fêter son anniversaire.

Arrêté le 29 septembre puis relâché

D'après nos informations, l'assaillant a été arrêté à Lyon ce vendredi, le 29 septembre, pour un vol à l'étalage. Il a ensuite été relâché. Lors de sa garde à vue, il a présenté un passeport tunisien, dont les enquêteurs tentent de déterminer l'authenticité. 

  • Sept pseudos pour un même assaillant

L'homme abattu était connu des services de police pour des délits de droit commun commis entre 2005 et 2014. Il n'était en revanche pas fiché par les services de renseignement. Sept pseudos différents sont associés à ses empreintes digitales, puisqu'à chaque fois qu'il a été arrêté par la police il a donné une identité différente. D'après nos informations, il est arrivé en France en début d'année et était en situation irrégulière. 

Un téléphone saisi mais pas de perquisition

Dimanche soir, les enquêteurs n'avaient pas retrouvé de domicile à perquisitionner. Ils tentent désormais de déterminer notamment si l'assaillant avait prémédité cette attaque et connaissait les deux victimes. Un téléphone portable saisi sur l'assaillant dimanche est en cours d'exploitation. Deux couteaux, dont l'arme ayant servi à poignarder les deux jeunes femmes, ont aussi été retrouvées, l'un sur les lieux et l'autre sur l'assaillant. 

Charlie Vandekerkhove avec Cécile Ollivier