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L'affaire Benalla provoque la colère des policiers

Alexandre Benalla aux côtés d'Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle, pendant le Salon de l'Agriculture, le 1er mars 2017.

Alexandre Benalla aux côtés d'Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle, pendant le Salon de l'Agriculture, le 1er mars 2017. - Lionel Bonaventure - AFP

Les révélations autour du collaborateur d'Emmanuel Macron soulèvent de nombreuses questions au sein des forces de l'ordre.

Deux mois et demi après les faits, les révélations sur l’affaire Benalla ont des conséquences directes sur les forces de l’ordre qui entourent la présidence de la République. La police ne décolère pas, alors que cette intervention non encadrée laisse beaucoup de questions en suspens.

"C'est au ministre de déposer plainte"

Placé en garde à vue ce vendredi matin, Alexandre Benalla devrait être licencié prochainement par l’Elysée. Une première étape pour le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI), qui estime toutefois que ce n'est pas suffisant.

Le SCSI demande ainsi à Gérard Collomb de porter plainte contre Alexandre Benalla, notamment parce qu’il portait casque et brassard de police le 1er mai, mais pas seulement.

"Il y a plusieurs questions qui se posent. Comment se fait-il que ce monsieur était doté d'un véhicule équipé police, avec gyrophares intégrés? Ca nous choque, car on a beaucoup de collègues qui roulent dans des véhicules avec plusieurs centaines de milliers de kilomètres au compteur", fait valoir Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du SCSI.

"Ensuite, il est lieutenant-colonel de la réserve opérationnelle de la gendarmerie à 26 ans. Mais ça existe où ça? C'est quand même au ministre de l'Intérieur, premier flic de France, de déposer plainte pour faire toute la lumière sur cette question", poursuit-il.

Un statut très particulier

Le profil d’Alexandre Benalla interpelle également en raison de son statut particulier, qui ne rentre dans aucun cadre.

"Que dans un cabinet de haut niveau il y ait des gens d'origines multiformes ne me gêne pas, ça peut être une source de complémentarité et de richesse. Ce qu'il faut surtout, c'est que la sécurité du président de la République soit assurée par de vrais professionnels", estime Pascal Bitot-Panelli, ancien fonctionnaire de police chargé de la sécurité des hautes personnalités.

Une enquête a été ouverte à l'initiative du parquet de Paris, elle est menée par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). De son côté, Gérard Collomb a saisi l'Inspection générale de la police nationale jeudi.

A.S. avec Olivier Saint Paul, Sandra Gandoin