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"Je voudrais qu’on rétablisse la vraie Alexia", confie la famille de la jeune femme

EXCLUSIF BFMTV - Un mois après les aveux de Jonathann Daval, les membres de la famille d'Alexia ont livré leur douleur et exprimé leur "double deuil". A cela s'ajoute les attaques contre leur fille et soeur décrite comme violente. Un profil qui ne correspond pas à la jeune femme qu'ils ont connue.

"C'est un couple dont malheureusement l'un des conjoints était violent mais ce n'est pas celui auquel on pense." Le 30 janvier dernier, Me Randall Schwerdorffer a décrite Alexia Daval, retrouvée morte le 30 octobre dernier, comme une femme pouvant "avoir des accès de violence extrêmement importants à l'encontre de son compagnon". Un mois après les aveux de Jonathann Daval qui a reconnu le meurtre de son épouse, la famille de cette dernière veut "rétablir la vérité".

"Je voudrais qu’on rétablisse la vraie Alexia, et non pas les bêtises qui ont pu être dites", souffle Isabelle Fouillot, la mère de la jeune femme, lors d'un entretien accordé à BFMTV.

"Il n'y a que Jonathann pour en témoigner"

Lors de l'enquête, les gendarmes ont découvert dans le téléphone portable d'Alexia Daval de vifs échanges avec son mari, témoignant d'une certaine violence verbale. Elle reprochait notamment à son mari leurs difficultés à avoir un enfant. "Cette fille-là, à son âge et vu ses attentes, il lui fallait un mec, un vrai mec. Un mec qui assurait. Et elle, elle lui reprochait: ‘T’es impuissant, tu bandes pas, t’es qu’une merde’", a également assuré à Libération l'avocat de Jonathann Daval.

"Je trouve hallucinant de devoir rappeler à cet avocat qu’Alexia devrait aussi bénéficier de la présomption d’innocence, attaque Grégory Gay, le beau-frère de la jeune femme. Seuls eux deux savaient ce qu’il se passait dans leur vie de couple. Et aujourd’hui, il n’y a que Jonathann pour en témoigner. Visiblement, il continue aussi à mentir là-dessus."

La soeur d'Alexia Daval abonde. "Pourquoi ne pas faire les mêmes suppositions sur lui, interroge Stéphanie Gay. Tout ce qu’on a maintenant ce sont les dires de son présumé assassin. Est-ce que Alexia avait un mal-être qui peut-être venait de lui? C’est elle qui était violentée? On ne sait pas. Il n’y a qu’eux deux qui ont la réponse."

"Des choses très dures"

La famille d'Alexia Daval dresse un tout autre portrait de la jeune femme de 29 ans, dont le corps a été découvert en partie calciné, dans un bois à proximité de son domicile de Gray-la-Ville, le 30 octobre, deux jours après sa disparition.

"Les choses que l’on a pu entendre nous ont beaucoup bouleversés, ce sont des choses très dures auxquelles on a eu à faire face, et des choses qui ne reflètent pas la réalité de ce qu’était Alexia au quotidien, de ce qu’on vivait avec elle", poursuit Stéphanie, la soeur d'Alexia Daval.

"C’est pour ça, aujourd’hui, qu’on a envie de dire un petit peu ce que, nous, on a vécu avec elle, la manière dont on la connaît, la réalité des choses", continue la jeune femme, expliquant leur prise de parole. 

"Honorer la mémoire d'Alexia"

Stéphanie Gay décrit alors sa soeur comme "une femme déterminée qui travaille et qui sait ce qu'elle veut". "Si on écoute les choses qui peuvent se dire, on a l’impression que (...) vous êtes responsable des violences que vous pouvez subir. On ne peut pas l’entendre non plus."

Et pour ses parents, desquels le couple était très proche, les suppositions faites sur leur fille sont improbables. "On a jamais vu Alexia violente", affirme Isabelle Fouillot, la mère de la victime. "Jamais, jamais, à aucun moment", surenchérit Jean-Pierre Fouillot, le père.

Aujourd'hui, au milieu de ce deuil d'avoir perdu leur fille, puis d'avoir été trahi par leur gendre comme il l'explique, la famille se donne un but. "On a l’obligation de faire le mieux pour honorer sa mémoire et qu’elle soit salie le moins possible", conclut le père d'Alexia Daval.
J.C. avec Sarah-Lou Cohen et Dominique Rizet