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Incendie à Paris: les victimes commencent à être identifiées

Les proches de certains habitants encore portés disparus dénoncent le manque d'informations et l'absence de réponses de nombre d'interlocuteurs.

Au moins dix personnes ont trouvé la mort dans la nuit de lundi à mardi dans l'incendie de leur immeuble, au 17bis de la rue Erlanger, dans le XVIe arrondissement de Paris. Mercredi dans la journée, les pompiers continuaient les opérations de déblaiement, craignant de retrouver de nouveaux corps parmi les décombres.

Une habitante a été interpellée sur les lieux du sinistre et placée en garde à vue, avant d'être confiée à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police. La suspecte aurait mis le feu au bâtiment après une querelle avec un voisin, un jeune pompier, ce qu'elle a nié en garde à vue. 

  • Radia Benaziez, 39 ans

Parmi les victimes du sinistre se trouvait Radia B., une architecte de 39 ans. Au Parisien, ses proches et anciens collègues décrivent une femme "inspirante, professionnellement et personnellement". Après avoir travaillé en cabinet, elle s'était installée à son compte en tant que programmiste, relate le quotidien. "Elle était un peu aérienne, évanescente. Elle était représentative de la femme algérienne moderne", leur a confié un des amis de la victime.

  • Jonathan Jouclas, 26 ans

Son père avait lancé un appel à l'aide sur les réseaux sociaux, dans l'espoir qu'il avait été admis inconscient, non identifié, dans un des services de réanimation des hôpitaux parisiens. Malheureusement, Jonathan Jouclas a trouvé la mort dans son appartement au 7e étage du 17bis de la rue Erlanger, a annoncé son père sur Facebook mercredi.

Le jeune homme de 26 ans "a été retrouvé dans sa chambre, certainement que son habitude de jouer en ligne avec un casque sur les oreilles l’a empêché d’entendre les alarmes à temps", a-t-il écrit. 

"Nous avons vécu deux jours horribles peut-être inutilement puisqu'il n’a jamais pu quitter sa chambre ... En tout cas je pense que cette catastrophe soulèvera un certain nombre de questions sinon de responsabilité dans la gestion de cette meurtrière par l’ensemble de la force publique", a également fait valoir le père de Jonathan. 
  • Miriam Irainat, 23 ans

Une jeune femme originaire de Montpellier a trouvé la mort dans l'incendie de la rue Erlanger, rapporte le média local Métropolitain. Âgée de 23 ans, elle vivait au 6e étage de l'immeuble.

"Elle était travailleuse, elle était d’une gentillesse rare, elle respirait la joie de vivre", témoigne un ami de son père auprès du Métropolitain, qui se dit "infiniment triste pour lui" et dénonce un "décès (...) injuste dans la force de l'âge". 

Dans les colonnes du Parisien, son cousin Yassine décrit "la première de la classe", "la poupée de la famille". "Elle était encore à fond dans ses études, elle n'a rien vu de la vie", déplore-t-il. Après avoir grandi à Montpellier, elle avait étudié dans une école de commerce dijonnaise, dont le directeur a adressé ses condoléances à sa famille et ses amis. 

  • Francisco et Cresencia Abalos

Les autorités philippines ont annoncé par voie de communiqué la mort de deux de lors ressortissants dans l'incendie du XVIe arrondissement. L'ambassade des Philippines avait au préalable aidé la fille des victimes, après qu'elle eut signalé que ses parents étaient portés disparus à la suite du sinistre. Si l'identité des victimes n'a pas officiellement été communiquée, les médias locaux philippins les ont identifiés comme Francisco et Cresencia Abalos, qui vivaient au 8e étage de l'immeuble

  • Pascale Coget

Le Parisien rapporte la mort de Pascale Coget, une Parisienne qui dirigeait depuis 13 ans la fondation Un avenir ensemble. Reconnue d'utilité publique, cette structure met en relation de jeunes boursiers et des décorés de la Légion d'honneur et de l'Ordre national du mérite. Une bénévole décrit la victime comme "adorable, chaleureuse, pleine d’attention et de délicatesse".

  • Adèle

A 32 ans, Adèle travaillait comme clerc de commissaire priseur. C'est l'une des amies de sa mère qui a annoncé sa mort sur les réseaux sociaux. 

Des disparus

Plusieurs personnes sont portées disparus depuis l'incendie survenu dans la nuit de lundi à mardi. Le Parisien relaie ainsi le témoignage des proches d'une locataire de 31 ans, dont le prénom a été anonymisé en "Marie". Ils dénoncent le manque d'informations dont ils disposent, la désorganisation et l'absence de réponses de la part de multiples interlocuteurs parfois peu compréhensifs. 

Le site Lemauricien.com évoque aussi l'absence de nouvelles de Revena Allas Hollandais, d'une quarantaine d'années, et de son fils Adel, 16 ans, qui vivaient au 6e étage. Leur époux et père tente depuis mardi de se rendre en France, rapporte le site. Le Dauphiné Libéré et un appel à témoins relayé sur Twitter mentionnent aussi leur absence, identifiant toutefois la mère comme "Marie Ravena Allas". 

Un numéro d'information à la préfecture

La préfecture de police de Paris a mis en place une cellule pour informer les proches des victimes et les personnes concernées par l'incendie au 0 805 200 450. 

Liv Audigane avec Justine Chevalier