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Police-Justice

Incendie à Paris: le profil psychiatrique de la suspecte au coeur de l’enquête

Dans la nuit de lundi à mardi, un incendie d’origine criminelle a ravagé un immeuble du XVIe arrondissement et fait 10 morts et plus de trente blessés. La principale suspecte, une habitante de l’immeuble, a été placée en garde à vue puis transférée à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police.

Des images d’une rare violence, un bilan humain dramatique avec dix morts et plus d’une trentaine de blessés… Ce sont les conséquences présumées d’un geste de folie, qui aurait été commis par une femme d’une quarantaine d’années, habitante de l'immeuble situé au 17bis rue Erlanger, dans le XVIe arrondissement de Paris, ravagé par les flammes dans la nuit de lundi à mardi.

Selon les premiers éléments de l’enquête, cette femme, qui souffre de lourds troubles psychiatriques, a été retrouvée dans la nuit de l’incendie à proximité de l’immeuble, en train de tenter de mettre le feu à une voiture et à des poubelles de rue, armée d’un torchon enflammé. Grâce aux témoignages des habitants de l’immeuble, le scénario du drame commence à se profiler.

Transférée à l'infirmerie psychiatrique

Cette habitante de l’immeuble aurait mis le feu après un différend de voisinage. Selon plusieurs personnes, la femme se serait disputée avec un voisin, venu lui demander de baisser sa musique. Avant le drame, la Brigade Anti Criminalité (BAC), est même intervenue à la demande de cet habitant. Selon nos informations, lors de cette intervention, la suspecte n'est pas apparue menaçante. Le voisin, pompier de profession, confie cependant au Parisien que cette dernière lui aurait souhaité “bon courage” parce qu’il “aimait les flammes”.

Interpellée dans la nuit de lundi à mardi, la femme d’environ quarante ans a ensuite été placée en garde à vue. Cette dernière a été levée mardi en fin de journée. Le procureur de Paris, Rémi Heitz, a alors indiqué qu’elle avait été transférée à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (IPPP) à la suite d'un examen médical et de comportement. Elle aurait, pendant sa garde à vue, tenu des propos incohérents et paranoïaques. Le séjour dans ce service d’urgence peut durer au maximum 48 heures. Elle pourra, à son issue, être remise à la police.

"État mental déficient"

Cette habitante de l’immeuble, qui selon toute vraisemblance, aurait lancé plusieurs départ de feu dans l’immeuble, est connue pour avoir d’importants antécédents psychiatriques. Elle a notamment été visée par trois procédures judiciaires, dont une en 2016 pour l’incendie d’un magasin. Deux de ces procédures ont été classées sans suite pour “état mental déficient”. Selon ybe source proche du dossier, elle aurait été internée une dizaine de fois au cours de ces dix dernières années. À chaque fois, à la demande de la famille.

Selon plusieurs témoignages, elle aurait effectué plusieurs séjours en hôpital psychiatrique. Son dernier internement serait d’ailleurs très récent. Le témoignage d’une de ses amies, recueilli par BFMTV, donne des indications sur le profil de cette femme. Elles se seraient rencontrées il y a cinq ans en cure de désintoxication.

“Quand on est alcoolique, on prend des antidépresseurs et des anxiolytiques. Des médicaments qui, avec l’alcool, sont de vrais cocktails à retardements", explique cette amie de la suspecte.

Au moment de son interpellation, l'habitante de l'immeuble était effectivement sous l’emprise de l'alcool.

Valentine Arama