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Incendie à la cathédrale de Nantes: la personnalité du suspect au cœur de l'enquête

Le servant d’autel a reconnu être à l’origine des trois départs de feu qui ont ravagé la cathédrale de Nantes. Il n’a cependant pas expliqué les raisons qui l’ont poussé à commettre cet acte.

Une semaine après l’incendie de la cathédrale de Nantes, un bénévole du diocèse a fait preuve de "repentance" en reconnaissant être à l’origine du sinistre, selon son avocat Me Quentin Chabert. Placé en détention provisoire dans la nuit de samedi à dimanche après être passé aux aveux, le suspect n’a cependant pas donné d’explications concernant ses motivations.

"C'est quelqu'un qui est apeuré, il est en quelque sorte dépassé", a déclaré son conseil.

Ses amis évoquent un homme abîmé par son histoire, qui a peur de retourner au Rwanda, son pays d’origine. Il était "venu se réfugier en France il y a quelques années", a expliqué le recteur de la cathédrale, le père Hubert Champenois.

Il "écrivait sa rancœur"

Le 18 juillet, les enquêteurs nantais ont découvert un mail daté de la nuit du 17 au 18 juillet - soit quelques heures avant l’incendie - dans lequel l’homme de 39 ans détaille ses "problèmes personnels", rapporte Le Monde.

Dans ce courrier électronique adressé au diocèse et aux autorités administratives, l’homme mis en examen pour "destructions et dégradations par incendie" raconte avoir "poussé des cris de détresse" et se trouver "dans un cercle vicieux déplorable", évoquant "toutes les victimes de ce système conduisant à l’injustice".

Il "écrivait sa rancœur auprès de différentes personnalités qui ne l’avaient pas assez soutenu, à ses yeux, dans ses démarches administratives", précise Pierre Sennès en référence à l’obligation de quitter le territoire national qui lui avait été notifiée en novembre 2019.

Etat de santé fragile

"Tout le monde a fermé les yeux sur mon état de santé fragilisé (…) en plus de cette crise sanitaire qui s’y ajoute", ajoute-t-il dans son mail.

"Physiquement, il était fatigué pour raisons de santé", abonde sur notre antenne Jean-Charles Nowak, clerc de la cathédrale. "Mais psychologiquement, je n’avais rien remarqué, et personne d’autre à ma connaissance."

Dimanche, l’avocat du bénévole a affirmé que son client était "soulagé" d’avoir reconnu son crime. "Pour le croyant qu'il est, c'est important qu'il ait pu faire preuve de cette force, et ce, malgré des éléments de procédure qui pouvaient poser question notamment au début de la garde à vue. C'est quelque chose qui est notable de son côté", a-t-il souligné.

Et de poursuivre: "C'est maintenant le temps long de l'instruction judiciaire. C'est désormais un magistrat indépendant, un juge d'instruction, qui va continuer à enquêter. D'autres actes d'enquête vont avoir lieu pour clarifier la situation, apporter plus de détails encore pour permettre par la suite que la justice puisse faire son œuvre."

Expertise psychiatrique

"Ce qu'il a fait (...) c'est dramatique pour tout le monde", a commenté dimanche à l'AFP le père Hubert Champenois, indiquant que le servant d’autel - qui était "au service de la cathédrale" depuis quatre ans - avait "certainement été marqué par les événements qui ont marqué son pays".

Me Quentin Chabert assure que son client "est coopérant". Il doit être soumis à une expertise psychiatrique qui pourra éventuellement aider à clarifier les raisons de son acte. Il encourt une peine de 10 ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV