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Incendie à la cathédrale de Nantes: qui est le bénévole passé aux aveux?

Il a été mis en examen pour "destructions et dégradations par incendie" avant d'être écroué dans la nuit de samedi à dimanche.

Huit jours après l'incendie survenu à l'intérieur de la cathédrale de Nantes, un homme, qui avait été placé en garde à vue quelques heures après le sinistre avant d'être relâché, a de nouveau été interpellé. Devant le juge d'instruction, il est passé aux aveux et a été mis en examen pour "destructions et dégradations par incendie" avant d'être écroué dans la nuit de samedi à dimanche.

Arrivé en France en 2012, l'homme, âgé de 39 ans, est originaire du Rwanda. Il faisait partie des sept bénévoles chargés d'assurer la sécurité de l'édifice religieux nantais. La veille de l'incendie, c'était à lui qu'incombait la fermeture du bâtiment.

Sous le coup d'une obligation de quitter le territoire

L'absence d'effraction, la découverte de trois départs de feu ainsi que le relevé de traces d'hydrocarbures ont poussé les enquêteurs à privilégier la thèse criminelle. L'exploitation de la vidéosurveillance a également mis au jour le fait que le suspect était sorti de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul peu après les premiers appels de passants aux pompiers en raison des flammes qui sortaient de l'édifice.

Le bénévole du diocèse avait fait à plusieurs reprises les démarches pour tenter d'obtenir la régularisation de sa présence sur le sol français, sans succès. Son titre de séjour n'est plus valable depuis la fin de l'année 2019, et il se trouve sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis le mois de mars 2020.

Des problèmes de santé

"Son obligation de quitter le territoire français était établie. Il avait également des problèmes de santé et a essayé de faire régulariser sa situation en raison de cet état de santé", précise le procureur de la République de Nantes dans un entretien à Ouest France, qui explique également que le suspect avait "adressé un e-mail au diocèse, ainsi qu’aux autorités administratives, dans lequel il se plaignait fortement de sa situation administrative". "Il y exprimait des reproches auprès de différentes personnalités, considérant qu’il n’était pas soutenu et qu’on ne l’aidait pas assez dans ses démarches administratives", détaille le procureur.

Le bénévole n'était pas connu des services de police, a par ailleurs indiqué une source proche du dossier à BFMTV. Outre ses attributions parmi les sept bénévoles chargés de la sécurité de la cathédrale, l'individu était également servant d'autel. C'est-à-dire qu'il assistait les prêtres au cours des offices religieux. Aucune autre activité professionnelle ne lui était connue.

"Rongé par le remord"

Le recteur de la cathédrale, Hubert Champenois, qui a indiqué le connaître depuis quatre ou cinq années, disait avoir "confiance en lui comme en tous les collaborateurs". Il s'agissait d'une personne gentille, dévouée, discrète, selon plusieurs personnes qui ont pu le côtoyer.

Le clerc de la cathédrale, Jean-Charles Nowak, a réagi au micro de BFMTV ce dimanche matin. "Je suis un peu effondré. Jamais, ni moi, ni personne n'aurions pensé qu'il ferait une chose pareille", a-t-il expliqué, tout en se disant "soulagé que l'on sâche enfin le fin mot de l'histoire".

"Je le connaissais un petit peu, ça fait un an que je suis au service de la cathédrale. Je l'ai croisé, on a discuté plusieurs fois avant ou après les messes. On était pas intimes ni très proches, mais je le trouvais vraiment gentil et dévoué", a-t-il ajouté.

Le bénévole avait récemment repris ses fonctions après s'être longuement absenté pour des raisons de santé. "Il regrette amèrement les faits et évoquer cela (ses aveux, NDLR) a été pour lui une libération. Mon client est aujourd'hui rongé par le remord et dépassé par l'ampleur qu'ont pris les événements", a indiqué son avocat, Me Quentin Chabert.

Mélanie Vecchio avec Clarisse Martin