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Gilets jaunes: nombreux débordements pendant le week-end

Un rassemblement de gilets jaunes - Image d'illustration

Un rassemblement de gilets jaunes - Image d'illustration - AFP

Les forces de l'ordre, mobilisées sur l'ensemble du pays, ont interpellé près de 300 personnes.

Au lendemain d'un week-end de mobilisation au cours duquel 287.710 gilets jaunes se sont réunis sur 2034 sites à travers la France, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, l'heure est au bilan. Dimanche, Christophe Castaner a annoncé l'interpellation de 282 personnes, manifestants ou automobilistes, qui ont mené à 157 gardes à vue. En outre, au moins 409 blessés sont à dénombrer, signe que la situation, la plupart du temps sous contrôle, a parfois dégénéré. 

Samedi, la journée avait tragiquement débuté avec la mort de Chantal Mazet, une manifestante renversée par une automobiliste au niveau d'un barrage à Pont-de-Beauvoisin, en Isère. Le lendemain, cette dernière a été mise en examen par le parquet de Chambéry "pour violences volontaires avec arme par destination (en l'espèce la voiture, ndlr) ayant entraîné la mort sans intention de la donner."

Bloquée au niveau d'un barrage, la conductrice a expliqué aux policiers avoir paniqué et démarré afin de se dégager. "Des personnes ont tapé sur sa voiture; elle a paniqué et a accéléré", avait expliqué samedi le préfet de Savoie.

Plus tard dans la matinée, c'est un policier municipal qui a été légèrement blessé à Grasse par un individu qui lui aussi tentait de forcer un barrage de gilets jaunes. L'agent, qui a passé plusieurs mètres sur le capot du véhicule, est violemment tombé à terre après un coup de frein du conducteur. Ce dernier a été interpellé, arme au poing, par d'autres policiers. Il a été placé en garde à vue.

Entre dimanche soir et lundi matin, deux gilets jaunes ont également été blessés après avoir été renversés. En Haute-Marne, un manifestant a été happé par un poids lourd et souffre de plusieurs fractures. Dans la Drôme, c'est un individu armé qui a tiré en l'air et foncé en direction d'un barrage. Les deux chauffards ont été interpellés par la police. 

Ces deux journées de mobilisation ont également été marquées par deux incidents marquants. A Cognac, une automobiliste qui tentait de quitter le parking d'un supermarché a violemment été prise à partie par des bloqueurs. 

"Retourne dans ton pays", "c'est grâce aux allocs ça", "dégage": dans une courte vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, plusieurs personnes profèrent des insultes racistes à la victime, qui tente d'en venir aux mains avec eux. "Nous refusons d'être assimilés à ça et nous dénonçons ces propos. Nous étions au rond-point de la Trâche, ceci s'est déroulé ailleurs" explique de son côté Thierry Arnaudet, co-organisateur de la manifestation dans cette commune des Charentes.

Samedi à Bourg-en-Bresse, un conseiller municipal homosexuel a été stoppé en pleine rue, avec son compagnon. "Ils ont essayé de nous arracher de nos places, un cauchemar, on n'a rien compris!" explique-t-il. 

Outre les violences physiques, Raphaël Duret et son ami ont également été victimes d'insultes homophobes. "J'ai entendu certains manifestants dire, 'je le reconnais, c'est un pd'. A partir de là, ils nous ont menacés." La situation dégénérant, les policiers ont dû intervenir afin d'exfiltrer les victimes, qui soulignent également avoir reçu des menaces de mort. Une plainte va être déposée. 

Pour la journée de samedi, 3.000 CRS et gendarmes mobiles étaient déployés sur l'ensemble du territoire. Si leurs interventions sont restées rares, c'est à Paris que la situation a été la plus tendue entre manifestants et forces de l'ordre. 

Après avoir occupé une partie des Champs-Elysées dans la matinée de samedi, les gilets jaunes se sont mis en tête d'aller manifester devant le palais de l'Elysée, situé à quelques centaines de mètres de là. Selon plusieurs témoignages, les manifestants sont parvenus à approcher le palais présidentiel, pourtant bien gardé, avant d'être repoussés par les policiers, pendant un temps dépassés.

Malgré une situation tendue pendant de longues minutes, la suite du rassemblement s'est déroulée dans le calme.

Hugo Septier