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Gilets jaunes: maintien en détention d'un Suisse incarcéré depuis février

Des gilets jaunes dans Paris (photo d'illustration).

Des gilets jaunes dans Paris (photo d'illustration). - Christophe Archambault - AFP

Le jeune homme est incarcéré depuis le 4 février. Il avait été interpellé en marge d'une manifestation de gilets jaunes à Toulouse.

Un Suisse d'une vingtaine d'années incarcéré depuis le 4 février après son interpellation, deux jours plus tôt, en marge d'une manifestation des gilets jaunes à Toulouse, a été maintenu ce mardi en détention provisoire par la Cour d'appel, a communiqué son avocate à l'AFP. 

"Son incarcération est judiciairement inexpliquée", a affirmé Me Cécile Brandely, qui le 28 mai a plaidé pour la seconde fois devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse pour la remise en liberté de son client. Elle avait auparavant dénoncé un "dossier des renseignements généraux qu'on judiciarise". 

Le jeune homme, qui habite à Toulouse depuis "son arrivée en France en 2015 dans le cadre d'un Erasmus", a été interpellé en marge d'une manifestation du samedi, "en possession d'un simple passe partout, un passe de postier" puis mis en examen le 4 février pour "association de malfaiteurs" et "prise du nom d'un tiers", a détaillé l'avocate.

Selon le parquet général, ces clés sont utilisées par les casseurs pour cacher du matériel ou échapper aux contrôles lors de manifestations. "Il est maintenu en détention pour empêcher toute concertation", a affirmé l'avocat général lors de l'audience du 28 mai, évoquant une possible appartenance du jeune homme à l'ultra gauche. 

"Personne parmi ses copains n'a été entendu depuis 4 mois"

"Personne parmi ses copains n'a été entendu depuis quatre mois", déplore pour sa part l'avocate de la défense, relevant que "de façon tout à fait illogique, une dizaine de permis de visite" ont été parallèlement accordés à ses proches.

Lors de cette seconde audience, l'avocat général a fait valoir qu'il restait à "exploiter ce que contiennent les ordinateurs" saisis lors de la perquisition de la colocation dans laquelle réside le jeune ressortissant suisse. Le magistrat a également argué de "l'absence de garantie de représentation" du prévenu et du risque qu'il puisse changer d'identité et disparaître.

Cependant, selon Me Cécile Brandely, "une porte s'ouvre, car la chambre de l'instruction a diligenté une enquête pour vérifier l'hébergement en Ariège", où réside sa compagne et "où il pourrait être accueilli en cas de remise en liberté".

A l'issue de cette enquête dont le résultat devrait être connu "d'ici trois semaines", une nouvelle demande de remise en liberté pourra être présentée.

Avec AFP