BFMTV

Femme tuée par des chiens en forêt: une enquête hors-norme au vu du nombre d'analyses à réaliser

Le procureur de Soissons a annoncé que des prélèvements génétiques avaient été effectués sur 67 chiens afin d'identifier les auteurs de l'attaque. L'ampleur du nombre d'analyses à réaliser donne à cette enquête une envergure exceptionnelle.

L’enquête débute à peine et elle s’annonce déjà très délicate pour établir les circonstances de la mort d’Elisa Pilarski. Le corps de cette femme, âgée de 29 ans et enceinte de six mois, a été retrouvé samedi par son compagnon près d’un sentier en forêt de Retz, où elle était allée promener son chien et où se tenait une chasse à courre. A cet égard, elle avait téléphoné à son compagnon, avant l'attaque, pour lui signaler "la présence de chiens menaçants".

D’après les premières constatations, Elisa Pilarski est morte d'une "hémorragie consécutive à plusieurs morsures aux membres supérieurs et inférieurs ainsi qu'à la tête". Mais quels chiens sont à l’origine de cette attaque?

Les enquêteurs étudient trois hypothèses: la jeune femme a pu être attaquée par son propre animal, par ceux qui ont participé à la chasse à courre ou encore par un chien errant. Elle avait d’ailleurs raconté, dans un message posté sur Facebook peu avant sa mort, avoir croisé un Malinois "pas attaché" qui rodait dans les environs. Il est actuellement recherché par les enquêteurs de la section de recherches d'Amiens qui avait été saisie dans un premier temps "vu la complexité des investigations", selon une source proche du dossier à BFMTV. Ce jeudi soir, nous avons appris que la police judiciaire de Creil, dans l'Oise, se saisissait à son tour de l'enquête.

De 8 jours à 6 semaines d'analyses

Afin d’identifier les auteurs des morsures, un nombre très important de prélèvements génétiques a été effectué "sur 67 chiens": les 5 animaux du couple et 62 chiens de la meute de chasse à courre, a indiqué le parquet de Soissons, précisant qu'une information judiciaire était désormais ouverte pour "homicide involontaire par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement résultant de l'agression commise par des chiens".

"L'ampleur du nombre d'analyses (...) va différer de plusieurs jours la date de retour des résultats", a précisé Frédéric Trinh, le procureur.

En effet, beaucoup d’ADN a été retrouvé sur le lieu du crime. Les experts vont notamment devoir étudier ces prélèvements génétiques pour mettre à jour d’éventuels rapprochements avec ceux faits sur le corps d’Elisa Pilarski. Ils vont également passer au peigne fin les traces de morsures relevées sur le cadavre. Ces analyses, réalisées par un laboratoire privé, pourraient prendre entre 8 jours et 6 semaines.

Pour le compagnon d'Elisa Pilarski, interrogé sur notre antenne, les responsables "ne peuvent être que (les chiens de) la chasse à courre". Arrivé sur place "au moins 45 minutes" après l'appel de la jeune femme, il dit avoir vu "une trentaine de chiens" près du "ravin" où se trouvait le corps. "Ils sortaient de ce précipice où il y avait Curtis (le chien du couple ndlr), Curtis a reçu beaucoup de morsures à la tête", avance-t-il. Mais de son côté, le procureur assure que, pour l'heure, aucune piste n'est privilégiée.

Raphaël Maillochon, Mélanie Vecchio avec Ambre Lepoivre