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Eric Zemmour saisit la CEDH après sa condamnation définitive pour provocation à la haine religieuse

Eric Zemmour lors d'un discours à la "Convention de la Droite" à Paris, le 28 septembre 2019

Eric Zemmour lors d'un discours à la "Convention de la Droite" à Paris, le 28 septembre 2019 - Sameer Al-Doumy / AFP

Après le rejet du recours d'Eric Zemmour contre sa condamnation par la cour d'appel de Paris pour provocation à la haine religieuse, le polémiste a saisi la Cour européenne des droits de l'Homme au nom de la protection de la liberté d'expression.

Le chroniqueur et polémiste Eric Zemmour a saisi la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), reprochant à la France de violer sa liberté d'expression à travers sa condamnation, définitive, pour provocation à la haine religieuse, a annoncé la Cour ce mercredi.

La CEDH, installée à Strasbourg, a réceptionné la requête d'Eric Zemmour, sur le fondement de l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'Homme protégeant la liberté d'expression, a indiqué la Cour à l'AFP. La cour s'engage à traiter les affaires en moyenne dans un délai de trois ans après réception de la requête.

Il avait été condamné pour des propos anti-musulmans

En septembre, la Cour de cassation avait rejeté le recours d'Eric Zemmour contre un arrêt de la cour d'appel de Paris de mai 2018 qui le condamnait à une amende de 3.000 euros pour des propos anti-musulmans tenus en 2016 dans l'émission de France 5 "C à vous".

L'auteur du "Destin français" avait notamment estimé qu'il fallait donner aux musulmans "le choix entre l'islam et la France" et que la France vivait "depuis 30 ans une invasion", affirmant que "dans d'innombrables banlieues françaises où de nombreuses jeunes filles sont voilées" se jouait une "lutte pour islamiser un territoire", "un jihad". La cour d'appel avait estimé que ces deux passages "visent les musulmans dans leur globalité et contiennent une exhortation implicite à la discrimination".

Eric Zemmour avait également été condamné à verser un euro symbolique et 1.000 euros au titre des frais de justice à l'association CAPJPO EuroPalestine, qui avait engagé les poursuites.

Le recours aux juges, fustigés par le passé 

"La décision de condamner Zemmour porte atteinte à la liberté d'expression et constitue une atteinte au procès équitable", avait déclaré son avocat, Me Antoine Beauquier, à l'hebdomadaire le Point. "Notre recours pose la question suivante: la France laisse-t-elle encore à quelqu'un le droit d'être un polémiste ?".

Ce recours peut paraître paradoxal alors qu'Eric Zemmour a fustigé par le passé "ces juges qui foulent au pied la démocratie", prenant entre autres pour cible la CEDH. "Au nom de l'État de droit, les juges, que les médias appellent les sages, c'est-à-dire la Cour européenne des droits de l'homme, la Cour de justice européenne et le Conseil constitutionnel, imposent leur idéologie au pouvoir politique", pointait-il en octobre 2018 dans un entretien au Point.

J. G. avec AFP